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Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

2. TOGO :

- Qui ?
Prison des Femmes, Lomé.

- Quand, où ?
1ère rencontre : novembre 2002, Karen et Hélène font connaissance de l'association. Rencontre des responsables et de ses membres
2 ème rencontre : juin 2003, Karen remet sur place les balles de tissus et matériel de couture pour l'association.
3ème rencontre : juillet 2004, Tatiana retourne à Lomé, sa ville natale, et rend visite à l'association DVA. Elle peut ainsi faire un bilan de toute le travail effectué depuis un an au sein de l'association grâce au soutien de Mode Sans Frontières. (cf.compte rendu en bas de cette page)


- Combien ?
500 euros, soit 327 000 Frs CFA. Ce don a permis de :
1) l’acquisition de 2 machines à coudre
2) la réparation des 4 machines existantes
3) l’achat de lots de tissus de premier prix pour apprendre la couture
4) l’achat de lots tissu pour confectionner des tenues à vendre (notamment à remettre à l'association DVA pour en assurer la vente lors des foires par exemple)
5) achat des outils nécessaires à la couture (rubans, fils, aiguilles, mètres, laines, élastiques….)

- Présentation de l'association :
Nous nous rendons à deux reprises à la prison civile de Lomé. Parmi les 1200 prisonniers qu'elle accueille, une quarantaine sont des femmes. Les responsables de la prison nous font faire le tour des extérieurs, puis nous nous dirigeons vers le compartiment des femmes. Nous souhaitions nous rendre également dans la prison des hommes, mais à peine entrées dans la cour, c'est la cohue et le brouhaha. Nous sommes alors obligées de rebrousser chemin.


Quant aux femmes, les quarante vivent ensemble et se répartissent dans trois salles pour dormir. Elles y installent leurs nattes ou de simples couvertures à même le sol. Certaines passent leurs journées à attendre que les heures défilent. D'autres en profitent pour apprendre un nouveau métier et préparer ainsi leur réinsertion professionnelle à leur sortie de prison.

Pour cela, la prison a mis en place un atelier de couture. Nathalie en est leur professeur. Agée de 32 ans, togolaise, couturière de métier à Lomé, elle a choisi depuis six ans de mettre son savoir-faire au service des autres. Elle remplace l'ancienne professeur et se consacre désormais pleinement à cette nouvelle manière d'exercer son métier. " La situation de ces femmes me peine beaucoup ", nous confie-t-elle. " Ce qui me plaît est de pouvoir les encourager, les aider à acquérir un travail et se consacrer à un nouveau métier. La vie en prison est très différente de celle en ville. Je veux les y préparer, les aider à s'en sortir, à réintégrer au mieux la vie quotidienne, que le souvenir de leur passage en prison soit non pas celui d'un calvaire, mais celui d'une bouée de secours formatrice et bénéfique ".

Parmi les quarante femmes, la moitié d'entre elles s'intéressent à la couture. Cette formation est une première, qui les motive pour poursuivre en dehors de la prison. Les tenues qu'elles créent sont exposées à la prison et les visiteurs viennent acheter les tenues pour les encourager. Ces ventes leur permettent d'acheter du nouveau tissu, du fil, mais aussi du savon, du riz, du lait, du sucre pour les femmes détenues, ce qui représente ainsi une petite forme de rémunération. Elles disposent à l'heure actuelle de cinq machines, dont trois sont cassées, mais elles n'ont pas suffisamment de moyens pour les réparer.

Au travers de notre projet, nous avons donc choisi de les aider à acquérir de nouvelles machines, du tissu, et tout le petit matériel nécessaire qui s'y rattache, aiguilles, fil, boutons….

Lors de notre premier passage à la prison, l'histoire de l'une de ces femmes nous interpelle. Alors qu'elle parle avec Karen, elle lui explique qu'elle est contre notre initiative: " Ce n'est pas de couture dont j'ai besoin, mais sortir de prison, je veux un avocat, je veux tout simplement sortir ! " Son comportement devient presque irritant. Lorsqu'elle nous raconte plus précisément son histoire et la cause de son emprisonnement, nous comprenons pourquoi… Agée de 24 ans, Félicia est nigériane, en prison depuis trois mois. Elle était invitée à l'hôtel avec un homme, mais celui-ci s'est enfui en la laissant dans la chambre sans payer. Elle n'avait pas d'argent pour payer la note, elle a donc été condamnée à trois mois de prison et 50 000 Frs CFA d'amende, soit 500 Francs français. En Afrique, l'emprisonnement est facilement pratiqué, même pour de maigres fautes. Pour nous, 50 000 Frs CFA ne représentent qu'une maigre amende. Mais aujourd'hui, alors que Félicia a rempli sa peine, elle n'a pas suffisamment d'argent pour payer. Sa famille vit dans un autre pays, et ne peut l'aider. Elle est obligée d'attendre encore huit mois pour sortir. Karen raconte cette histoire à Monsieur Baka, le président du Comité Miss Togo qui nous accompagne. Il ne peut supporter une telle injustice et décide de payer cette amende dès demain pour la faire sortir. Nous reviendrons alors le lendemain avec Léa, Miss Togo 2002, pour lui annoncer la bonne nouvelle et payer l'amende. Le Comité Miss Togo apporte également quelques bidons et colis de vivres supplémentaires.

Reconnaissons néanmoins que notre joie est gagnée par une certaine amertume. Son attitude nous déçoit quelque peu. Peur-être est-ce parce qu'elle ne réalise pas qu'elle est à présent libre, mais elle ne manifeste pas beaucoup d'émotion et demande très vite les formalités, comme si ce que nous faisions pour elle était un dû. Bizarre, enfin nous n'avions aucun remerciement à attendre. L'essentiel est que cette femme, emprisonnée injustement, soit désormais sortie de prison.

Nous invitons à consulter notre carnet de bord du Togo, relatant plus en détails notre rencontre, et vous offrant un panel plus large de photos...

Juillet 2004, un an déja...

Tatiana (Essenam pour ceux qui la connaissent sous son nom togolais) l'une des mannequins de l'équipe Mode Sans Frontières retourne à Lomé, sa ville natale et rend visite à l'association DVA Togo et à la Prison des femmes de Lomé. Nous vous invitons à lire le compte-rendu de sa rencontre à la Prison :

" Quelques jours après mon arrivée, je rencontre la formatrice de couture Nathalie NOULEKU avec les détenues. Les femmes détenues se rappellent bien du premier passage de Karen et Hélène. Certaines ont déjà quitté la prison, de nouvelles sont arrivées. Mais toutes sont heureuses de voir que les promesses de Mode Sans Frontières n'étaient pas des paroles en l'air... Avec Nathalie, j'établis un dernier bilan de leurs besoins en matériel de couture en tenant compte de ce qu'il possède déjà.
L’atelier dispose aujourd'hui de 5 machines à coudre, mais une seule est encore en service, les 4 autres sont en panne. Nous décidons donc de réparer les machines existantes, ce qui coûte évidemment moins cher que d'en acheter des neuves. Le reste de l'argent nous permet d'acheter deux nouvelles machines à coudre, mais aussi acheter du tissus de premier prix pour apprendre la couture, ainsi que des lots de tissu pour confectionner des tenues à vendre (notamment à remettre à DVA qui se charge ensuite de la vente lors de foires par exemple). Enfin, nous achetons de nombreuses choses complétant le matériel nécessaire de couture (rubans, fils, aiguilles, mètres, laines, élastiques….)

Les courses des fournitures de couture pour la prison des femmes de Lomé ont été faites grâce à la disponibilité de membres de l'association DVA, qui nous a mis à disposition leur véhicule et honorer de leur présence.

Lors de la remise des dons de MSF à la prison des femmes, DVA a fait un geste honorable en leur faisant un don de nourriture (paquets de sucre, lait, savon).

Nous nous réunissons ensuite avec le Régisseur de la prison , la formatrice Nathalie NOULEKU et un responsable de DVA pour définir dans quel sens la Prison des Femmes de Lomé et l'association DVA pourront collaborer pour assurer au mieux la gestion du don de MSF et nous en faire des comptes-rendus par la suite. L'association DVA se chargera de se faire, via internet notamment, le relais regulier des femmes de la Prison de Lomé et l'association Mode Sans Frontières.

Au travers de ce message, je me fait également le porte-parole de leurs chaleureux remerciements.

Tatiana "


Lettre de Nathalie NOULEKOU, professeur de couture à la Prison civile de Lomé, et Monsieur Pambale KIY KOUTASSIM, régisseur de la Prison civile de Lomé, suite au don de Mode Sans Frontières :

"Lomé, 07 juillet 2004.
Je soussignée Melle NOULEKOU Nathalie couturière à la prison civile de Lomé, accuse réception d'un don de deux machines à coudre, des lots de tissus imprimés (des marques wax, lagos) et des articles nécessaires à la confection des vêtements (fil à coudre, fil à tricoter, aiguille, ciseaux, élastique...).
Ce don équivaut à une valeur de 500 euros (cinq cent euros) soit 327 000 CFA (trois cent vingt sept mille francs CFA).
Nous remercions l'association Mode Sans Frontières en France, représentée au Togo par Melle Tatiana Essenam De Souza pour avoir effectuer ce geste généreux à la prison civile des femmes de Lomé.
Fait à Lomé, le 7 juillet 2004.
Nathalie NOULEKOU"

 
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