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Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

BENIN
Samedi 17 novembre - Mardi 20 novembre 2002

Résumé de la page :

1. Le couturier béninois Lolo Andoche et la presse béninoise
2. John Walkden, la filiale de distribution Vlisco au Bénin
3. Ganvié, ville sur pilotis, et Grand Popo
4. Cotonou, accueil de familles

1. Le couturier béninois Lolo Andoche et la presse béninoise

En pagne africain, lin, soie et bazin. Lolo Andoche parvient à un mariage subtil des formes, des couleurs, et des matières. Né en 1970, Lolo Andoche vit à Cotonou et créé sa propre marque " Lolo Andoche " en avril 1995. Nous l'avions rencontré pour la première fois à l'hôtel Mercure Sarakawa de Lomé. En effet, depuis cinq mois, Lolo a ouvert une nouvelle boutique à Lomé et fait régulièrement des allers-retours entre le Togo et le Bénin. Dès notre première rencontre, Lolo adhère au projet Mode Sans Frontières.

La semaine suivante, nous quittons Lomé et faisons ensemble le trajet en direction de Cotonou. Il nous raconte ses débuts difficiles, une seule machine à coudre, mais beaucoup de motivation et de persévérance. Aujourd'hui cette machine à coudre fétiche fonctionne toujours, et s'intègre parmi celles de son atelier. En mars 1998, l'énergie de son travail commence à porter ses fruits et lui permet de présenter son premier défilé à Cotonou. Cette première réussite ne va pas sans l'aide de l'entreprise Vlisco, qui lui fournit des pagnes, et lui permet de participer à différents défilés de créateurs. Séduit par son talent, Fabrice Ruiz, de la boutique Woodin à Lomé, lui passe d'importantes commandes de chemises. Lolo doit alors embaucher toujours plus de personnel pour répondre à la demande. Aujourd'hui son entreprise fait travailler 52 employés ! Les activités s'articulent autour de la création et la confection de modèles, la fabrication de vêtements en série, la distribution locale et internationale. Son atelier de couture, ne compte pas moins de 37 machines à coudre, trois machines électriques, quatre machines surfilage, deux machines électrique broderie.

Nous visitons ensuite sa boutique à Cotonou et notons la place accordée à une importante variété de chemises. Sa production atteint plus de vingt-deux mille chemises et tee shirts par an ! Depuis la création de sa société, la production de chemises, tee shirts, pantalons, costumes, n'a cessé de croître.

Outre son esprit créatif, Lolo Andoche a le sens des affaires. Il souhaite conquérir de nouveaux marchés, imposer la marque " Lolo Andoche " sur les marchés africains et internationaux. Il nous confie aussi son projet de créer une nouvelle marque pour l'année prochaine. Celle-ci se nommera " le Roi Charlemagne ", en référence à son prénom " Amoussou Charlemagne Andoche ".

Lors de notre séjour au Bénin, nous passerons beaucoup de temps ensemble. Nous faisons ainsi la connaissance de Christiane, son assistante, toujours très souriante, et Anna, l'une de ses mannequins.

Après une séance essayage dans la boutique de Lolo...

...nous partons à 30 kilomètres de Cotonou réaliser des photos avec ses créations en pagne africain. Nous captons des images sur le petit port de pêche de Kelavi,

puis poursuivons par une ballade en pirogue jusqu'au village Ganvié (cf. paragraphe 3)

Lors d'un déjeuner au Pili Pili, Lolo a réuni la presse. L'un des journalistes écrira un article pour le journal quotidien " Le Matin ". L'autre travaille pour l'agence de presse " Bénin presse " et va diffuser l'information auprès de différents journaux et magazines.

Lolo profite de ce lieu pour nous faire goûter des spécialités locales, comme l'aloko, nom ivoirien désignant les fameuses bananes plantain frits, ou encore l'agouti, viande se rapprochant de celle du radondin . Une viande, également très marquante, plus pour l'originalité de son nom que pour son goût, le " poulet-bicyclette ". Plusieurs histoires sont attribuées à cette dénomination incongrue, notamment le fait que ces poulets des rues sont transportés à bicyclette, ou encore qu'ils sont difficiles à attraper et courent aussi vite que les bicyclettes...

2. John Walkden, la filiale de distribution Vlisco au Bénin

Fabrice, de l'entreprise Vlisco au Togo, nous met en contact avec son confrère du Bénin, Eric Loko.

Confrères dans le travail, ils sont complices et amis dans la vie. Eric Loko est béninois, vit avec sa femme et ses quatre filles à Cotonou. En juillet 1995, il est nommé directeur général de la filiale africaine Vlisco au Bénin " John Walkden ". Son entreprise compte cinquante permanents et vingt temporaires, pour environ cinq-cent clients. L'entreprise Vlisco du Bénin fournira le pagne africain à Lolo Andoche pour sa robe de la paix.

Lorsque nous demandons à Eric s'il ressent une certaine concurrence entre les entreprises de distribution Vlisco d'Afrique de l'Ouest, il nous répond vivement " certes nous sommes des concurrents, mais nous sommes surtout complémentaires ". Ils s'entraident, s'échangent des informations. Eric nous confie qu'il n'hésite pas à transférer une information d'achat à son collègue du Togo. Après nos rencontres avec Eric du Bénin, Fabrice du Togo, Gilles du Ghana et Erwin de Côte d'Ivoire, nous ressentons une forte solidarité et une ambiance conviviale entre les directeurs Vlisco. Eric est très enthousiaste lorsqu'il nous explique ses activités au sein de Vlisco : " Mon travail est passionnant, c'est un métier de contact, ça bouge tout le temps ! ". L'humour et la gentillesse d'Eric nous touchent. Nous entendons encore résonner son rire " surprise surprise !!! ". Au fur et à mesure de nos étapes en Afrique, nous apprenons à connaître l'équipe Vlisco et à nous imprégner de sa culture d'entreprise.

3. Ganvié, ville sur pilotis, et Grand Popo

Suite au tournage avec les créations de Lolo Andoche sur le petit port de pêche de Kelavi, nous embarquons pour Ganvié. Nestor se fait notre guide et nous embarque à bord de sa pirogue à moteur.

Construite entièrement sur l'eau, cette ville avoisine les vingt-sept mille habitants. Ses premiers habitants étaient appelés les toffi, c'est à dire les " habitants de l'eau ". Tout y est prévu, banque, hôpital, poste, salon de coiffure, écoles, églises... Toutes les maisons sont construites en bois et bambou, recouvertes de paille et montées sur pilotis.

Le grand canal, artère principale de la ville, est devenue la rue des Amoureux. Les habitants vivent avec très peu de moyens, et pourtant se montrent très souriants et accueillants ! L'aquaculture constitue leur principale activité. Nous avons le sentiment d'être plongées dans un tout autre monde, si éloigné de nos civilisations et modes de vie européens. Seul ce panneau publicitaire dénote et nous rappelle notre société de consommation...

Cette philosophie de vie donne mûrement à réfléchir. Au cours de cette balade, Nestor nous parle de son histoire. De père polygame, il compte une vingtaine de frères et sours. Lui-même polygame, il compte a l'heure actuelle neuf enfants. La première femme ne lui donnant que deux filles, il en épousa une seconde, qui lui permit d'avoir un garçon. Assurer leur descendance au travers d'un fils est pour eux primordial. Après une halte au bar-restaurant sur pilotis " Chez M ", et quelques photos devant le restaurant jaune et vert, nous rejoignons à la tombée de la nuit l'embarcadère de Kelavi.

Nous nous rendons aussi à Grand Popo, plus précisément à Awalé Plage. La baignade y est dangereuse, mais possible contrairement à de nombreux points de la côte béninoise. Sur la plage, un groupe de filles dansent et chantent à l'occasion de la remise de leur diplôme de coiffure. Le nom de cette fête peut surprendre, " la Libération ". Toutes revêtues du même uniforme en pagne africain, elles arborent fièrement leurs coiffures aussi minutieuses qu'étonnantes. Très vite, elles nous invitent à nous intégrer dans leur danse. Il suffit de suivre le rythme, plier les genoux, avancer en se déhanchant les hanches, plus facile à dire qu'à faire ! mais surtout très drôle ! Néanmoins ce plaisir de la danse cache malheureusement l'appât du gain envers l'homme blanc. Certaines filles nous demandent de l'argent ou nos bijoux !

4. Cotonou, accueil de familles

Cotonou n'est pas la capitale administrative, il s'agit de Porto Novo. Néanmoins Cotonou reste la plus grande ville du pays avec près d'un million d'habitants. Lorsque nous entrons dans la ville de Cotonou, nous sommes ahuries par l'assourdissante circulation. Les motos taxis se sont développées à une allure folle. On appelle ces motos taxis, les " zemidgen ", ou communément " zem ", ce qui signifie " emmène moi vite ". Les conducteurs de ces motos taxi portent des gilets jaunes avec un numéro d'immatriculation. On constate une pénétration frauduleuse massive de carburant trafiqué en provenance du Nigeria.

La pollution y est impressionnante. Il n'y a pas de politique ou de règles en matière de transport urbain ! La ceinture de sécurité n'est pas obligatoire, il n'est pas gênant de passer au feu rouge. Le nombre d'accidents devient problématique.

La famille béninoise qui nous accueille est la famille d'Ursula, amie mannequin qui participe à Mode sans Frontières. Isabelle, la sour d'Ursula, est journaliste sur la première chaîne télévisée du Bénin. Avec son fiancé Abraham, et l'un de ses amis Fabrice, nous dînons dans un restaurant africain et dégustons des spécialités locales, l'aketché à base de semoule de maïs, l'amiho à base de semoule de manioc, ou encore l'aloko, la banane plantin que nous connaissons bien et qui nous régale..

Le premier soir de notre arrivée à Cotonou, nous sommes hébergées chez Toni, libanais, travaillant dans le commerce d'électroménager. Toute sa famille vit encore au Liban, son visage révèle un homme très nostalgique de son pays.

Nous nous rendons chez ses amis, la famille Hunders, une famille accueillante et chaleureuse.

Will, le père de famille, est hollandais et travaille à l'INRA. Fanta, la mère, est malienne. Leur couple et leurs relations avec leurs enfants respirent la quiétude et le bien-être. Ils ont trois enfants, Amady 11 ans, Déborah 8 ans, et Jean 2 ans. Nous discutons particulièrement avec Amady. Ce garçon nous surprend par son intelligence et son esprit réactif. De nouvelles personnes arrivent, Doc, Taofik, Mohamed, Edouard. Ils aiment se retrouver chez cette famille le soir pour discuter autour d'un thé et d'un jus de gingembre. C'est spécial et ça pique, mais c'est très bon.

Mardi 20 novembre. nous battons les records car nous ferons trois pays dans la même journée. Nous quittons Cotonou à 9 heures 30 avec Eric Loko, passons la frontière Bénin- Togo vers 11 heures, déjeunons à Lomé chez Fabrice, puis passons à nouveau les douanes, la frontière Togo-Ghana, pour rejoindre Accra, la capitale du Ghana à la tombée de la nuit.

 
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