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Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

BRESIL

Lundi 4 février - Mercredi 20 février

Résumé de la page :

Carnaval

1. Péripéties de voyages…
2. Richesse des carnavals : Salvador de Bahia et Rio de Janeiro
3. La rencontre des couturières de Coppa Rocca dans les favelas de Rio de Janeiro
4. Visite de Rio et tournage des robes de la Paix


1. Péripéties de voyage…

Notre arrivée au Brésil fut mouvementée… Nous apprenons que notre compagnie aérienne TransBrasil a fait faillite, tous les vols des autres compagnies sont complets ou hors de prix. Après une nuit à Belem, et une journée à l'aéroport nous passons donc trente-six heures dans un bus pour rejoindre Salvador ! Mais finalement cela nous permet de découvrir le Brésil sous un autre angle. A Belem, nous sortons dans un immense bar où se retrouvent les jeunes pour danser et s'amuser au rythme d'un orchestre de samba. L'ambiance y est excellente, l'art de la danse des brésiliennes et des brésiliens est impressionnant ! Puis, au travers des 2100 kilomètres que nous traversons, nous découvrons différents paysages, campagnards, citadins, beaucoup de pauvreté, néanmoins toujours associée à une certaine quiétude et art de vivre… Dans le bus qui nous emmène à Salvador, nous rencontrons Ronny, israélien de 21 ans, avec qui nous passerons une grande partie du séjour à Salvador. Ronny, après son service militaire, a choisi de voyager pendant six mois en Amérique du Sud. Nous sommes hébergées chez ses amis, qui comme Ronny ont choisi de voyager après leurs deux ans de service, qu'ils considèrent très souvent comme trop longs et très durs. Ce fut pour nous l'occasion d'échanger sur de nombreux sujets, notamment sur les conflits israélo-palestiniens. Nous avons pu remarquer que le Brésil, particulièrement Salvador de Bahia, était pour les jeunes israéliens leur destination de prédilection.

En atteignant le Brésil, pour la première fois de notre Tour du Monde, nous traversons la ligne en dessous de l'équateur. Mais cette ligne ne sera pas sans encombres. En effet, au Brésil, nous sommes confrontées à de nombreuses difficultés : transport, hébergement, virus Internet, et autres… Pourquoi tous ces problèmes simultanément ! Pour la première fois en deux mois, nos nerfs lâchent, notre bonne étoile nous ferait-elle défaut. Heureusement, les parents de Karen, Lucette et Hilaire, leurs amis, Claudie, Maurice et leurs enfants, nous ont rejoints à Rio de Janeiro. Leur soutien et leur amour pour " leurs deux filles " nous redonnent dans ces circonstances beaucoup de force et d'énergie. Un clin d'œil à Lucette, trésorière de l'association, qui s'investit pour Mode Sans Frontières avec tant d'enthousiasme et de savoir-faire. Même si nous aurions aimé les voir davantage, nous avons eu le bonheur de partager ensemble les moments les plus intenses. Tant de souvenirs inoubliables, comme le " Joyeux Anniversaire Hilaire ! " repris en cœur par toute la foule à l'aéroport, la découverte de Rio et ses plus grands sites, ou encore la dernière nuit magique du Carnaval de Rio de Janeiro.

La difficulté fait partie du voyage, notre amitié en ressort encore plus solide. Une amitié née il y a six ans, un projet et une association communes depuis deux ans, une amitié que les difficultés ne parviendront pas à abîmer, véritablement une amitié ancrée pour la vie.

2. Richesse des carnavals : Salvador de Bahia, Rio de Janeiro

Après avoir découvert le carnaval aux Antilles, en Guyane, nous arrivons au Brésil en pleine apothéose du Carnaval. Nous n'imaginions pas une telle effervescence Nous sommes heureuses de pouvoir découvrir le carnaval de Salvador puis celui de Rio de Janeiro. Deux carnavals très différents et très impressionnants !

Salvador, deux villes dans une même ville ! A la nuit tombée, au travers des ruelles pavées et tortueuses, la vieille ville s'anime. Des défilés de déguisements dans les rues au rythme des chants, de la samba. En descendant par le funiculaire, nous rejoignons la ville côté plage. La foule grouille. Salvador attire plusieurs millions de personnes pour son carnaval. Des groupes interminables de brésiliens emplissent les rues. Ces groupes ne sont pas déguisés, mais ils portent par centaines, par milliers des tee-shirts de même couleur. A Salvador, le carnaval, c'est la fête à l'état pur. Nous nous arrêtons sur le port de Salvador et nous imaginons l'arrivée d'Eric Dumont lors de la Transat Jacques Vabre…

A Rio De Janeiro, le déroulement du Carnaval est très différent, et si grandiose... Précédant la semaine du Carême, et se terminant le mercredi des Cendres, le Carnaval de Rio est incontestablement la plus grande fête allégorique du monde. Cette fête se prépare durant toute l'année, mobilise des moyens financiers énormes et déplace des millions de spectateurs du monde entier. Pendant cinq jours, quatorze écoles de samba, soit près de cinquante mille personnes, défilent devant un public d' environ quatre-vingt mille spectateurs dans un immense stade, le " Sambodromo ". Des millions de téléspectateurs assistent également à cet évènement diffusé en direct sur le petit écran. Tout comme les championnats de football, chaque école a son réseau de supporters. L'ambiance dans le stade est extraordinaire. De 20 heures, jusqu'à 6 heures du matin, les tribunes se désemplissent à peine ! ! ! Devant nos yeux ébahis, nous assistons à un spectacle magique, l'allégorie du cirque, de la forêt, des animaux, des villes du Monde… Au travers de chaque thème, plumes, costumes, couleurs, danses, musiques, chaleur… se déploient dans une foule en délire. Quelle joie de pouvoir vivre cet événement avec les parents de Karen. Chaque école compte jusqu'à trois mille danseurs et une vingtaine de chars. Le jury désignera la meilleure école. Même si notre choix se serait davantage tourné vers l'école Circus, ce sera la populaire Mangueira qui remportera cette année le titre du meilleur Carnaval 2002.

3. La rencontre des couturières de Coppa Roca dans les favelas de Rio de Janeiro

Grâce au soutien du Consulat de France à Rio, nous avons rencontré les couturières de Coppa Roca. Il s'agit de femmes couturières, qui recyclent des tissus pour créer de nouveaux vêtements. Cette organisation de femmes nous a beaucoup touchées, et s'intègre parfaitement dans notre projet. A l'origine de cette initiative, une femme, Maria Teresa Romeiro Leal. Touchée par la misère des familles vivant dans les quartiers les plus pauvres de Rio, les favelas de Rocinha, elle décide en 1982 d'aider ces femmes en créant une coopérative de couture. Chaque année leur organisme s'agrandit. Elles obtiennent le soutien officiel du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), qui leur permet de mettre en place des cours de couture, elles obtiennent également le soutien de la Banque du Brésil pour acheter les premières machines. D'autres programmes de qualification sont mis en place grâce au soutien du FAT (Fundo de Amparo ao Trabalhador) et du Secrétariat au Travail de Rio. Au début, elles étaient cinq, aujourd'hui elles sont soixante-quinze femmes. Le principe est simple. Chaque vendredi, elles suivent des cours de couture au sein de l'atelier de Coppa Roca, situé en plein cœur des favelas. Elles travaillent ensuite chez elles avec les machines et les tissus transmis par l'association.

Aujourd'hui Maria Terasa souhaite faire quelque chose pour la nouvelle génération, les femmes de 16 à 21 ans. Pour cela, elles ont besoin d'espaces de travail, de machines supplémentaires, et de nouveaux professeurs. Afin de dynamiser toujours plus leur initiative, elles organisent des défilés de mode où elles présentent leurs collections. Elles ont ainsi pu rencontrer de nouveaux partenaires, certaines de leurs confections se vendent aujourd'hui dans des magasins au Brésil, mais aussi à l'étranger. Ensemble, pour notre projet, les couturières de Coppa Roca se sont engagées à créer une robe de la Paix qui s'intègrera dans notre spectacle, et représentera le Brésil. Après l'association au Mexique, Coppa Roca représente le deuxième organisme que nous souhaitons aider au travers de notre projet.

Suite à cette rencontre le Consulat de France rédigera un article dans leur prochain magazine mensuel en mars " Brésiloscope ".

4. Visite de Rio et tournage des robes de la Paix

Rio est une ville d'où se dégagent tant de contrastes entre le Vieux et le Nouveau Monde. Dix millions d'habitants, ville riche et pauvre à la fois, ce pays vit d'extrêmes. Rio de Janeiro, ou " fleuve de janvier ", doit son nom à ses premiers explorateurs européens qui en découvrant le premier janvier 1502 la superbe Baie de Guanabara pensaient avoir trouvé l'embouchure d' un grand fleuve. Rio conserve d'une part de nombreux témoignages de son passé, architectures du XVIème et XIXème siècle, mais aussi fait preuve d'une architecture très moderne, voire futuriste dans certains quartiers d'affaires. Nous sommes frappées par les contrastes de quartiers. Après avoir parcouru le dédale des gratte-ciel, les luxueux quartiers résidentiels et commerçants d'Ipanema et de Copacabana, nous nous confrontons soudain à la misère des favelas. Tout s'oppose et va pourtant si bien ensemble.

Nous visitons ses lieux les plus illustres, le " Corcovado ", le " Pain de Sucre ", sans oublier le Stade de Rio, le plus grand stade du Monde, une véritable fierté pour tous les brésiliens. Au sommet du Corcovado, à 706 mètres d'altitude, nous découvrons une immense statue, un Christ rédempteur, bras en croix. L'œuvre est du sculpteur français Paul Landowsky. Ce Christ surmonte toute la ville et les montagnes luxuriantes qui la sertissent. Nous choisissons le " Corcovado ", symbole de Rio, pour capter des images avec les robes de la Paix. Nous nous habillons au pied du Christ rédempteur, sous le regard indiscret, mais surtout étonné des touristes. Hilaire se fait pour l'occasion caméraman… Un grand moment, et rires aux éclats…

Nous nous rendons ensuite au " Pain de Sucre ". Tout aussi imposant, ce pic rocheux de 395 mètres laisse découvrir des panoramas de toute beauté, les plages de Copacabana, Ipanema, Leblon, le fameux et superbe lagon Rodrigo do Freitas, les quartiers de Botafogo, Flamengo et le Corcovado… Tout autour du Corcovado s'étend la forêt de Tijuca qui s'avance presque jusqu'au cœur même de la ville. Les Indiens appelaient autrefois le " Pain de Sucre " " Pau-nd-Acuqua ", c'est-à-dire "haut promontoire pointu et isolé". Pour les Portugais conquistadors, cela sonnait comme " Pão de açúcar ", le pic lui-même leur rappelait la forme des moules d'argile utilisés pour cuire les pains de sucre. Le nom " Pain de sucre " est alors resté.

Comment quitter Rio, sans connaître les fameuses plages de Copacabana et d'Ipanema ? Est-ce vrai que la baie de Rio est l'une des sept plus belles baies du Monde, si réputée pour y fêter le réveillon du Nouvel An ? Longeant le cœur même de la métropole, nous comprenons que ses longues étendues de sable blanc et le dynamisme de la ville, attirent chaque année autant de touristes. Mais à notre goût, nous préférons les plages où il est facile de trouver une place pour étendre sa serviette sans les cris des nombreux vendeurs de glaces et de boissons ! ! !

Déjà, nous devons rejoindre l'avion pour Santiago du Chili… Sacs à dos sur les épaules, nous repartons vers de nouvelles destinations pour de nouvelles rencontres de couturiers, d'associations, de médias…, pour de nouveaux décors, pour tout ce qui fait que ce Tour du Monde est chaque jour une riche expérience.

 
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