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BURKINA FASO Vendredi 29 novembre - Mardi 17 décembre 2002 1. Rencontre
de Clara Lawson, styliste burkinabé Nous quittons le Togo et rejoignons la frontière burkinabé par la route. La sécheresse et le vent frais du nord se font davantage sentir. Notre traversée se fait sans encombre, si ce n'est la crevaison d'un pneu à l'approche de la frontière Bienvenue aux " pays des hommes intègres ", nous annonce le douanier, comme le veut la signification de " Burkina Faso ". 1. Rencontre de Clara Lawson, styliste burkinabé Dès
les premiers jours de notre arrivée au Burkina, nous rencontrons
dans les bureaux de la boutique Vlisco Clara Lawson, la styliste du Burkina.
Clara revient tout juste d'un grand défilé en France à
Valenciennes, qui rassemblait différents créateurs du Monde.
Sa passion est née d'un " virus que sa grand-mère lui
a transmis depuis son berceau " nous explique-t-elle. Elle a pourtant
suivi des études divergeant tout à fait de la Mode, mais
son " virus " l'a rapidement rattrapée. Depuis une décennie
maintenant, elle a tout laissé pour se consacrer pleinement à
sa première passion. Clara nous montre quelques unes de ses créations et nous explique sa manière de travailler : " Tout est manuel, en harmonie avec ce que nous ressentons de part et d'autre. La mode n'a pas de frontières, elle est un moyen d'expression, une manière de communiquer avec les autres, avec le reste du Monde. Sans la Mode, que ferons-nous ? Lorsque vous arrivez dans un magasin et que vous trouvez un modèle qui vous plait, cela signifie que vous entrez en contact avec le créateur. Vous épousez l'idée que le créateur a voulu transmettre au travers de sa création. Nous sommes peut-être un pays encerclé en Afrique, mais nous avons beaucoup à partager avec le reste du Monde, sur le plan culturel et artistique. La Mode en fait partie. La Mode africaine commence à prendre de plus en plus de place sur la scène internationale, j'en suis très heureuse. "
2. Couverture médiatique Nous prévoyons avec Clara une conférence de presse pour le lendemain matin à l'hôtel Novotel Silmandé du Groupe Accor. Jean Drouhet, le directeur de l'hôtel met une salle ainsi que tout le matériel nécessaire à notre disposition. Pour l'occasion, Clara nous prête deux de ses créations. De nombreuses télés, radio, presse locales et nationales sont présentes Clara et Monsieur Remaud, le maire de Fontenay-le-Comte en déplacement au Burkina, participent également à la conférence.
3. Le groupe Vlisco au Burkina Le soutien du groupe Vlisco continue. Au Burkina, nous faisons la connaissance de Kuénon Kamidjigah, directeur de la boutique Vlisco au Burkina. Le groupe Vlisco compte déjà des structures au Togo, Bénin, Ghana, Côte d'Ivoire, Niger, Afrique du Sud (cf. carnets de bord Togo, Bénin, Ghana). Créée en mai 2001, cette structure est la dernière de vente de pagne. Agé de 42 ans, né à Abidjan, Kami est marié avec la célèbre styliste ivoirienne Nicole Akon. Nicole a créé sa propre ligne en Côte d'Ivoire depuis une dizaine d'années. Depuis quelques semaines, leur famille s'est agrandie Kami et Nicole ont aujourd'hui deux petites filles. Au delà de la rencontre d'un partenaire, nous découvrons très vite en Kami un véritable ami. Son rire et ses expressions bien africaines résonnent encore avec bonheur à nos oreilles, son regard sur la vie, sur les choses, sur les gens Ce qui nous surprend le plus est de voir cet art de passer du travail à la détente, d'une attitude sérieuse au rire, et inversement. Ainsi nous suivons Kami pendant ses journées de travail, rencontre des grossistes avec qui il négocie les pagnes, séances de travail dans son bureau Puis Kami ôte sa casquette de directeur Vlisco, et le week-end nous partons ensemble découvrir la capitale burkinabé et ses environs. Kami commence par nous emmener manger dans un maquis local Quel regard étonné et rieur des clients autour de nous lorsqu'Hélène commande du futu avec du poisson braisé ! Deux plats qui ne s'associent en effet pas du tout ensemble ! Puisque le futu, cette boule de pâte de banane plantin si commune en Afrique ne peut se servir qu'avec une sauce à la viande ou au poisson, mais surtout pas avec un poisson braisé ! Et pour boisson, nous découvrons le jus d'ananas en conserve et le jus de gingembre Bon, mais très piquant ! Bon appétit ! Puis nous passons l'après-midi dans Ouaga et sa périphérie. Kami nous emmène chez sa grande cousine Djalo, qui vit avec de nombreuses personnes de sa famille dans une toute petite maison, surs, cousines, nièces... Comme elle aime à le dire " Quand il y en a pour un, il y en a pour dix ! " Qu'il est agréable de voir tant de bonheur, de joie de vivre et de simplicité se dégager de cette maison qui vit pourtant avec si peu de moyens. Nous poursuivons notre balade. Les bords de route sont parsemés de vendeurs ambulants d'objets en tous genre, même des matelas sur le bord de la route ! La fête du ramadan approchant, les marchés au moutons se succèdent. Près du centre-ville, le Duché de Luxembourg a construit un village artisanal. Le concept est d'y revendre les objets, souvenirs, bijoux, batiks, sculptures, instruments de musique, vêtements des artisans locaux. Une partie des bénéfices vise ensuite à soutenir des associations humanitaires.
Lucina, une sur missionnaire originaire de Wallis et Futuna, et amie de Kami nous accompagne pour cette visite. Elle nous explique les actions mises en place par sa congrégation, orphelinats, restaurants pour les plus démunis " L'Eau Vive "
4. Rencontre du maire de Fontenay à Ouaga : rencontre du Président de la République, et soutien de la ville de Ouaga. Le Burkina sera le rendez-vous des bonnes circonstances. En effet, nous nous trouvons être présentes au Burkina juste en même temps que Monsieur Remaud, maire de Fontenay-le-Comte, et son épouse Dominique. Fontenay-le-Comte est la ville natale de Karen. Elle nous avait déjà apporté son soutien financier, elle nous apporte aujourd'hui de nombreux contacts et nous ouvre de nombreuses portes au Burkina. En tant que mairie jumelée avec la ville burkinabé de Gaoua, Monsieur Remaud participe aux rencontres nationales sur la coopération décentralisée franco-burkinabé. Du 2 au 4 décembre, organisées par les Cités Unies et la Commission Nationale de la Coopération Décentralisée, ces rencontres entre maires français et burkinabé, mais aussi responsables associatifs, visent à réfléchir sur le rôle, les responsabilités et les moyens donnés aux collectivités locales, dans le but d'améliorer l'interaction entre les relations internationales et les évolutions locales. Nous nous rendons sur les lieux des rencontres. A peine nous demandons dans le hall d'entrée comment nous pouvons rencontrer le maire de Fontenay-le-Comte, qu'une voix derrière l'épaule nous interpelle : " Bonjour Mesdemoiselles ! ". Nous ne pensions pas vous retrouver si facilement ! C'est l'heure du déjeuner. Nous nous rendons avec Monsieur Remaud au restaurant installé pour le sommet. Il nous présente à différentes personnalités présentes. Soudain, une fille nous tape sur l'épaule Maud ! après deux ans Nous faisions en effet parties de la même délégation de cent-soixante jeunes français en déplacement à New York au siège des Nations Unies. C'est alors que nous avons rencontré pour la première fois l'ambassadeur de la France, Jean-David Levitte, qui nous a beaucoup aidées par la suite. Le Monde est parfois si petit ! Nous accompagnons ensuite Monsieur Remaud à une table ronde de trois cent-cinquante personnes sur la décentralisation. Le soir, Monsieur Remaud nous fait convier par l'Ambassadeur de la France au cocktail dînatoire à la résidence de l'Ambassadeur. Notons que l'épouse de l'Ambassadeur est habillée en Benny Yeung, ami de Madame, mais aussi couturier de notre projet, représentant Hong Kong. Ce cocktail est pour nous l'occasion d'échanger avec de nombreux élus, français comme burkinabé. Nous discutons notamment longuement avec la mairie d'Olonne-sur-Mer, Nicole Landrieau que nous rencontrerons à nouveau en France en vue d'organiser un spectacle Mode Sans Frontières en septembre 2003. Pour la clôture des rencontres, un grand rassemblement officiel est organisée dans la résidence personnelle du Président de la République burkinabé, Monsieur Blaise Compaoré. Une centaine de gendarmes et militaires bloquent les routes et escortent les bus qui nous emmènent depuis le Centre de Conférence de Ouaga 2000 jusqu'à la résidence principale du Président, à Ziniaré. La garde présidentielle sur place est impressionnante. Quelques personnalités se voient remettre la médaille de l'ordre national et du mérite. Suit alors l'intervention du Président, puis un échange entre maires, responsables associatifs et le Président du Faso. Notons qu'au Burkina, le Président de la République est appelé le Président du Faso, c'est à dire le Président du Pays. Un cocktail puis un dîner dans les jardins de la résidence présidentielle clôt ces trois jours de rencontres. C'est alors que la chance nous sourit. Nous rencontrons Monsieur Blaise Compaoré, et pouvons prendre le temps de bien lui expliquer notre projet. Il nous manifeste son intérêt, et souhaite notamment nous mettre en relation avec sa femme très investie dans le milieu de la mode. Au cours du dîner, nous discutons également avec la délégation de la ville de Gaoua, chez qui nous nous rendons demain. 5. Gaoua et son association pour la promotion féminine, soutien de la ville de Fontenay-le-Comte Pour rejoindre Gaoua, nous voyageons en bus pendant près de sept heures. Quel voyage ! Des passagers parfois plus qu'incongrus, des poules, des mobylettes Un chauffeur certainement un peu sourd vu sa constante tendance à augmenter le son de la musique même lorsque nous lui demandons pour la dixième fois de baisser le son, au moins un peu ! De nombreux arrêts, des places de villages grouillantes de vie et d'animation. Avec cela une route chaotique comme on les aime si bien en Afrique En résumé, vous vouliez dormir ? Soyez patients et attendez votre arrivée à Gaoua. Nous sommes accueillies chez Ini, la présidente de l'association A.P.F.G. (Association pour la Promotion Féminine de Gaoua), où nous attendent également Dominique et Jean-Claude Remaud. Le mari d'Ini est propriétaire avec son frère d'un hôtel-restaurant près du centre de Ouaga. La cuisine familiale y est savoureuse, mmmh du vrai cassoulet libanais, agrémenté en dessert du si fameux et délicieux yaourt Parlez-en à Dominique ! La ville de Fontenay-le-Comte a déjà lancé et financé de nombreux projets à Gaoua, en matière de scolarisation, d'environnement, d'entretien de la ville Monsieur Remaud nous montre le cadeau que la ville de Gaoua leur a offert, un superbe tableau présentant le blason de la ville de Gaoua associée et reliée par une chaîne à celui de la ville de Fontenay-le-Comte. Il est pour nous étonnant de rencontrer notre maire dans ces circonstances. Monsieur Remaud nous manifeste sa satisfaction de pouvoir apporter sa pierre à notre projet. Au travers de notre exemple, il souhaite mettre en valeur le dynamisme des jeunes et susciter l'intérêt d'autres jeunes, riches de projets et d'idées. " Aujourd'hui vous avez déjà accompli une grosse partie du travail, mais il vous reste encore beaucoup à réaliser. Vous aurez gagné votre challenge, lorsque les espoirs que vous avez à présent laissés après votre passage, comme ici à Gaoua, se seront concrétisés. " Le lendemain matin, nous partons avec Ini, Dominique et Jean-Claude Remaud visiter l'Association pour la Promotion Féminine de Gaoua. Les femmes de l'association nous attendent. Ini a organisé une réunion spécialement pour nous. Elles nous présentent les diverses activités qu'elles ont déjà mis en place, et leur souhait de développer la partie couture. Jusqu'à présent les principales activités de l'association sont des campagnes de sensibilisation, notamment contre l'excision, le sida , mais aussi la fabrication du savon, de la bière, la couture de sacs, de poupées... Nous visitons leurs ateliers, elles nous expliquent tout le processus de fabrication du savon depuis la récolte de la graine de karité jusqu'au savon fini 100% karité. Dégustons la bière Mmmh spéciale, très différent de nos bières traditionnels, beaucoup moins gazeux, mais très bon ! Vite, nous sommes attendus au conseil municipal. Le Maire de Gaoua nous présente à toute son équipe. Nous leur faisons part de notre initiative et des raisons de notre venue sur Gaoua. Monsieur le Maire nous invite ensuite à visiter l'école de formation des enseignants et le musée du Poni, deux sites que nous devons selon lui absolument visiter avant notre départ de Gaoua. De futurs enseignants de tout le Burkina viennent obtenir leur diplôme de professeur dans cette nouvelle école. Sa construction se veut de style Lobi, c'est à dire selon le style et à base des matériaux locaux. Lors de notre visite, certains étudiants viennent à notre rencontre et veulent en savoir plus ou prendre des photos suite au reportage passé la veille à la télévision burkinabé. Les cuisinières s'attèlent à préparer du jus de fruits. La visite du musée du Poni nous permet de mieux comprendre et apprécier la culture Lobi, chère à la région de Gaoua. Le mode de fonctionnement des ethnies Lobi est assez différent de celles que nous connaissions jusqu'alors. Il n'existe pas de chef. De plus, dans certaines sociétés, la femme est tenue à l'écart de nombreuses décisions et initiations. Chez les Lobi, au contraire celle-ci parcourt les mêmes trajets et subit les mêmes épreuves que l'homme. Ils basent leur hiérarchie sociale sur une dominante matriarcale, car ils considèrent que l'économie familiale repose en grande partie sur elle. En effet, chez les Lobi, la femme intervient activement dans la production et la commercialisation des produits de l'artisanat et des produits vivriers (or, vannerie, poterie, mil, riz, maïs ). Dans la croyance populaire, la femme, symbole de la maternité, a le don de multiplier à l'infini tout ce qu'elle touche. L'ensemencement d'un champ par une femme est donc la garantie d'une bonne récolte. Dans cette société Lobi sans chef, les esprits sont les véritables responsables de l'ordre social et les censeurs de la société. Tous les sept ans, une pratique initiatique, le Djoro, est organisée pour les femmes. Au cours d'un séjour d'environ trois semaines en brousse les adolescentes apprennent leurs responsabilités, leurs devoirs et leurs droits dans la société. Elles sont décorées de riches parures en fin de rites initiatiques, ce qui détermine leur catégorie sociale. La pratique de l'orpaillage est également une pratique encore très vivace chez les communautés du sud-ouest du Burkina, c'est-à-dire que les femmes percent leur bouche avec une sorte de petite assiette appelée labret. Les images de ces pratiques sont très surprenantes. A nos yeux, ces femmes sont défigurées. Pour les Lobi, elles en sont que plus belles. Nous achevons notre passage à Gaoua par une balade dans son centre-ville, son marché, ses rues toutes foisonnantes de bruits et d'animation... 6. La rencontre de Gilles Bourdouleix, leur soutien pour la ville de Sao Après la Vendée, nous retrouvons aussi le Maine-et-Loire au Burkina ! Le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, et six membres de son équipe municipale et de l'association Cholet-Sao sont présents. La ville de Cholet apporte son soutien au village de Sao, situé à une soixantaine de kilomètres de Ouagadougou, en pleine brousse. Grâce à leur aide, Sao a pu construire une école, une maternité, un dispensaire. Chaque année la ville de Cholet apporte un soutien supplémentaire au développement de ce village, tout particulièrement sur le plan éducatif, et le plan de la santé. Ils travaillent avec des gens de Sao pour être vraiment adaptés à leurs attentes. Monsieur Bourdouleix souligne à ce titre : " Nous voulons mettre en application ce proverbe africain : Quand on aide sans se connaître, c'est de la charité, et quand on aide en se connaissant, c'est de la solidarité. Alors on a voulu passer de la charité à la solidarité, et puis surtout mettre en uvre ce qui paraît important aujourd'hui au-delà de la coopération entre les états, une coopération décentralisée. Au delà du soutien, une amitié s'est créée. Nous souhaitons passer à un véritable jumelage."
Cette année, l'objectif de l'association touche la scolarisation des enfants. Grâce au soutien de Cholet-Sao, les enfants bénéficient aujourd'hui de fournitures scolaires (ardoises, craies, crayons, gommes), de livres de classes pour chaque niveau du CP au CM2, édités au Burkina, mais aussi de deux grosses marmites pour manger à l'école le midi. Les enfants doivent parfois faire dix, quinze, vingt kilomètres à pied chaque jour pour atteindre l'école ! L'année prochaine l'association compte donc apporter des vélos à ces enfants. Yves et Jean-Luc présentent les différents dons, une petite fille lit un texte de remerciements au nom de tous ses camarades, puis très vite la foule s'anime, les enfants commencent à chanter, sauter, danser, dissimulés en quelques minutes sous un magnifique nuage de poussière. Existe-t-il plus belle vision que le regard heureux et émerveillé d'un enfant ? aujourd'hui le regard émerveillé de trois cent cinquante enfants ! Nous visitons ensuite le nouveau dispensaire et la maternité construits grâce à la ville de Cholet. Lors de notre passage, des femmes attendent pour se faire vacciner. Pour tout soin plus important, même un bras cassé, les patients doivent se rendre à Boussé, à plusieurs dizaines de kilomètres de Sao. A quelques centaines de mètres du dispensaire, des enfants s'amusent à jeter des crapauds aux caïmans. Ce crocodile ne peut être tué par l'homme, considéré comme sacré, animal dans lequel l'esprit humain se réincarne. 7. Découverte du Burkina, Ouagadougou, Kaya, Nazinga Le hasard des circonstances de ce Tour du Monde nous a donné la chance de rencontrer Rémi. Sous son képi de chef d'escadron de la gendarmerie, nous découvrons en Rémi une personnalité touchante et attachante, une rencontre inattendue et forte, la naissance d'une amitié De formation saint-cyrienne, Rémi est actuellement muté pour deux ans au Burkina, avant de rejoindre la métropole l'année prochaine. Nous découvrons ensemble de nombreux sites à Ouagadougou et ses alentours, comme Kaya, ville très réputée pour son travail du cuir ou encore le ranch de Nazinga, à deux-cent kilomètres au sud de la capitale burkinabé, près du Ghana. Ce ranch est un type particulier d'aire protégée. Il ne s'agit ni d'un parc, ni d'une réserve. Ce domaine de 913 km² situé en zone de savane Soudano-Guinéenne, concilie, à travers une gestion rationnelle du milieu, conservation et exploitation planifiée des ressources fauniques de la région. Depuis 1979, date de création du ranch, 600 km de pistes ont été ouverts pour faciliter les opérations de surveillance et favoriser le tourisme de vision. Onze retenues d'eau ont été érigées pour améliorer les conditions de vie de la faune sauvage du site. Ainsi l'effectif des animaux ne cesse d'accroître chaque année. Pendant ces deux jours d'excursion en 4x4 dans la réserve, nous apercevons des espèces très variées, des éléphants, hippotragues, cobes defassa, bubales, cobes de Buffon, ourébi, céphalophes de Grimm, phacochères, singes verts, babouins, mais aussi une grande variété d'oiseaux merles métalliques, guêpiers, gangas, colaos, aigle pêcheur On repart le lendemain matin pour une seconde expédition safari dans la réserve au lever du soleil. Nous descendons du 4x4 pour admirer de plus près le groupe d'éléphants qui traversent une rivière, lorsque tout à coup l'éléphant clôturant la file se retourne et nous charge à pleine vitesse Vite, les jambes au cou, nous atteignons en une dizaine de secondes l'intérieur de la voiture ! Ouf plus de peur que de mal ! Néanmoins cet éléphant ne nous aurait certainement pas chargées très longtemps. Son but était plus défensif qu'offensif. Lorsqu'il voit que nous nous sommes suffisamment éloignés, il rejoint son troupeau.
8. Accueil au Sofitel Silmandé par Jean Drouhet Au Burkina, nous serons gracieusement hébergées par notre partenaire Accor au Sofitel Silmandé à Ouagadougou. Jean Drouhet, le directeur de l'hôtel met tout à notre disposition, services téléphoniques et informatiques, salles de conférences, restauration... Son soutien pour notre projet va au-delà du partenariat hébergement prévu. Nous l'en remercions encore vivement. Le Silmandé Hotel est un hôtel très fréquenté par les hommes d'affaires, il est aussi un lieu de prédilection pour les réunions, conférences, et grandes soirées, comme l'élection de Miss Togo pendant notre séjour. Le personnel de l'hôtel y est particulièrement accueillant. Quel sourire Noël ! 9. Karen tombe de cheval : fracture du dos Lors de nos escapades équestres au Togo, Karen fit une chute de cheval spectaculaire. Son étrier s'était alors défait, lui faisant perdre l'équilibre. Glissant de sa monture à pleine vitesse, les dommages étaient bien évidemment inévitables. Karen ressent une forte douleur dans le bas du dos, pourtant elle préfère remonter tout de suite à cheval, et terminer son retour aux écuries. Les jours passent, mais son mal de dos persiste Elle essaie d'en faire abstraction, prendre sur elle et veut coûte que coûte aller au bout de son tour du monde. Au Burkina, nous consultons un ostéopathe, ami de Rémi. Ses soins se révèlent au premier abord efficaces. Ce ne serait qu'un déplacement du bassin et un tassement des vertèbres. Quant aux plaies, Rémi s'en charge grâce à ses si précieuses huiles essentielles...! Nous enchaînons nos pérégrinations au Sénégal. La douleur demeure présente. Notre guide nous conseille alors de consulter une de ses amies guérisseuses. En Afrique ce genre de pratique est beaucoup adoptée. L'incantation des esprits, quelques formules de sorcellerie, une position très précise des mains, et toute maladie peut théoriquement être soignée ! Si les esprits le veulent bien sûr ! Après tout, qui tente rien n'a rien. De plus vivre cette expérience doit être fort intéressant. Nous partons un soir en taxi avec notre guide à l'autre bout de la ville. Finalement nos démarches n'atteindront pas leurs fins. Après une heure de taxi dans des chemins chaotiques, nous tombons sur porte close. Tant pis, il faut à nouveau prendre sur soi. Nous enchaînons ensuite par la Tanzanie, dernière étape de notre Tour du Monde. Les safaris et excursions en 4x4 n'arrangent rien A notre retour en France, un mois et demi après l'accident, Karen consulte un médecin. Le verdict des radios est clair, il s'agit d'une fracture d'une pièce du sacrum, et d'une déchirure musculaire des vertèbres lombaires. Le chirurgien n'en revient pas ! Qui peut croire qu'elle a pu continuer l'aventure avec une fracture du dos ?! On reconnaît ici la ténacité et... aussi la tête de mule de Karen !!! Un nouveau départ Nous avons pris un peu de retard et décidons de rejoindre directement le Sénégal sans traverser le Mali Rémi passe nous voir avant notre départ, puis Kami nous emmène à l'aéroport. Les au-revoirs du Burkina sont durs, ce pays nous a marquées. Le Burkina, une terre d'accueil et d'hospitalité ? Ce n'est pas une légende ! Venez vite vous y rendre !
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