Inscrivez vous à notre newsletter:
click here

 
Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

CHILI ET ILE DE PAQUES

Mercredi 20 février - Dimanche 24 février

Résumé de la page :

1. Santiago du Chili, une ville cosmopolite
2. Vina Del Mar, Valparaiso
3. La couturière Paula Zobeck
4. L'Ile de Pâques


1. Santiago du Chili, une ville cosmopolite

Nos correspondances d'avion entre Rio de Janeiro et l'Ile de Pâques nous contraignent à passer une nuit à Santiago. Nous sommes hébergées chez Carlos, steward et son colocataire Alberto, professeur de danse à Santiago. Leur accueil est très chaleureux. Avec eux, nous découvrons les lieux typiques et les spécialités les plus significatives de la ville, bars avec des danses et musiques chiliennes, spécialités culinaires, rouleau de farine de maïs garni de légumes, boisson fraîche au riz et aux fruits. Du haut du funiculaire de Santiago, nous pouvons admirer le panorama de toute la ville. A la manière des grandes villes américaines, les tours de bureaux et les immeubles résidentiels semblent s'élever vers le ciel et dominent la ville. Au sommet du Mont, se dresse une statue " Maria, Reina de la Paz ". Cette Vierge, d'un blanc immaculé, abrite à ses pieds une petite chapelle. Bras ouverts, regard tourné vers la ville, elle semble être la mère protectrice de Santiago, semblable à la statue du Christ rédempteur au sommet du Corcovado de Rio de Janeiro.

Sa population est très cosmopolite. Beaucoup sont d'origine européenne ou américaine. Du fait de son climat, plus froid que ses pays voisins d'Amérique Latine, la mode vestimentaire se rapproche davantage des styles européens, chaussures et tenues de ville. Nous ressentons également l'influence de la culture française au travers des arts, de l'architecture comme le prouve le Palacio de Bellas Artes, copie conforme du Petit Palais à Paris.

2. Valparaiso et Vina Del Mar

Le lendemain, nous consacrons notre journée à visiter Valparaiso et Vina Del Mar, deux villes voisines situées à plus d'une centaine de kilomètres de Santiago, modèles de contrastes et de charmes. Nous avons beaucoup de chance, il se trouve que nous sommes les seules personnes prévues pour la visite de ce jour. Carlos, notre guide, adapte sa visite à nos attentes. Le mini-bus qui nous emmène traverse des vignobles chiliens. Le vin chilien est très réputé sur le continent américain. Les cépages sont des cépages français. Lorsque nous aurons l'occasion d'y goûter, nous serons agréablement surprises.

Après plus d'une heure et demie de route, premiers regards sur Valparaiso. Vieux port commercial, épousant les contours d'une large baie abritée, la ville est adossée contre de hautes collines escarpées dont nous atteignons le sommet en empruntant son fameux funiculaire. Fameux, il s'agit en effet de l'un des plus vieux funiculaires au Monde encore en fonction. Celui-ci date de 1893. Certains quartiers de la ville lui confèrent un charme indéniable, ses maisons de couleurs bordant les étroites rues pavées, son marché central et les appels tapageurs des vendeurs de poisson et de fruits locaux, la maison d'un poète français, enchâssée entre bord de mer et hauteurs environnantes.

Nous rejoignons ensuite Vina Del Mar, son port de pèche envahi par les oiseaux marins, sa longue et large plage sablonneuse, ses nombreux bars et restaurants en bord de mer pour le bonheur des touristes, ses calèches au sein même des rues commerçantes du centre-ville. Nous achevons la journée par la visite de son musée sur l'Ile de Pâques, et son musée botanique. Plusieurs centaines d'espèces d'animaux des quatre coins du Monde, des plus petits aux plus imposants, des rampants aux volants, sont ici empaillés et conservés, sous le regard émerveillé des enfants, mais aussi des plus grands...

2. La couturière Paula Zobeck

La chance continue. Nous expliquons à Carlos notre projet et le but de notre association " Mode Sans Frontières ". Il se trouve - les coïncidences font bien les choses -- que Carlos est un grand ami de Paula Zobeck. C'est en effet lui, qui, passionné de musique, et ancien DJ, lui préparait et lui prépare encore toutes ses musiques de défilés. Grand nom de la Haute-Couture chilienne, les créations de Paula ont déjà foulé la scène de nombreux défilés au Chili et à l'international, notamment à Paris. Le contact avec elle est excellent. Paula nous explique tout son parcours, nous regardons les photos de ses dernières collections, les articles de presse qui la concernent… Dans sa boutique, elle nous invite à essayer ses dernières robes de soirée. Finalement notre entrevue avec la couturière durera plusieurs heures. Paula, est très intéressée par notre projet, " un projet de jeunes, associant des couturiers du monde entier, tournés vers une même cause ! Je suis très flattée que vous me demandiez de participer à votre aventure ! ". Paula créera donc une robe de la Paix du Chili.

3. L'île de Pâques

Séjour bref à Santiago, mais fort intéressant. Ensuite, nous faisons une escapade d'une journée et demie à l'Ile de Pâques. Pratiquement à mi-chemin entre le Chili, et la Polynésie, cette île du Pacifique est souvent considérée comme le lieu habité la plus isolée au Monde. La terre la plus proche, l'île de Pitcairn, est en effet située à 2000 kms d'elle ! De plus, le seul moyen sûr d'arriver sur l'île est l'avion, car l'île est entourée de rochers qui empêchent l'accostage dans la plupart des endroits. Elle tire son nom d' " île de Pâques " de ses premiers visiteurs européens, qui y ont mis le pied le jour de Pâques en 1772. Mais son nom polynésien est " Rapa Nui ", ce qui signifie " Terre Grande ".

L'aéroport où nous atterrissons ressemble davantage à un arrêt de bus qu'à un aéroport ! Nous souhaitons retirer de l'argent, mais il n'existe pas de distributeur automatique sur cette île ! et le week-end, toutes les banques sont évidemment fermées. Chose surprenante à notre arrivée, les habitants attendent les touristes dans le hall même de l'aéroport et s'empressent de leur proposer un hébergement au tarif le plus offrant. Finalement, nous choisirons l'option aventure et découverte, préférant profiter pleinement de cette nature enchanteresse et sauvage, quitte à ne pas savoir sous quel arbre nous dormirons ce soir. Nous louons donc une jeep à une femme qui se trouvait de passage à la sortie de l'aéroport. Moins d'une demie heure s'écoule, nous nous rendons chez cette femme, y faisons la connaissance de deux voyageurs allemands qu'elle héberge, et qui, comme nous, sont de passage à l'Ile de Pâques. Ils nous conseillent les meilleurs sites de l'île.

Et nous voilà parties, au volant d'une belle petite jeep rouge, empruntant les chemins et sentiers les plus accidentés. Une seule route traverse toute l'île du nord au sud, une autre en fait son pourtour. L'île est très sauvage. Nous sommes souvent arrêtées par les vaches et chevaux qui traversent tranquillement la route et pâturent sans aucune délimitation de parcelles. Les quelques rues qui se croisent à sa pointe sud forment son unique ville, Hanga Roa. La majeure partie de ses 2500 habitants y résident. Seules quelques familles ont choisi de vivre complètement à l'écart de la civilisation. C'est le cas d'une famille que nous avons rencontrée lors de notre balade dans l'île. Sous un modeste toit, ils vivent de la pêche et des fruits de la nature. Le père ne parle que pascua, mais la mère, parle à peu près le français, de par certains membres de sa famille habitant en France. Elle nous parle de sa fierté d'être pascuane et de son bonheur de vivre ici avec son mari et ses deux enfants, deux petites filles de deux et huit ans.

Lors de ces deux jours, nous lierons également connaissance avec une autre famille locale, sur l'étroite plage d'Ovahe. Ils représentent les derniers descendants royaux de l'île. Deux reporters français sont actuellement en train de réaliser un reportage sur leur histoire et plus généralement sur les problèmes d'identité et de gestion du territoire que connaissent les Pascuans. En effet, d'origine polynésienne, sa population a toujours eu du mal à accepter son annexion chilienne à la fin du XIXè siècle. Aujourd'hui le désir d'autonomie de la part des Pascuans semble devenir de plus en plus fort. La mère travaille à l'UNESCO, et nous raconte son parcours. Nous discutons beaucoup avec eux, mangeons les fruits et les poissons qu'ils viennent de pêcher au harpon, cuits sur un feu de bois à même la plage. L'un deux nous emmène en balade à cheval.

Au détour des pistes, la nature nous dévoile ses plus beaux trésors, pas loin de six cent Moaïs, parsemés dans toute l'île, dont certains font plus de dix mètres de hauteur. Ce chiffre peut varier considérablement en fonction des différentes études, entre ceux à terre, ceux qui ne sont pas finis, les brisés et ceux qui sont enterrés. Bon nombre d'entre eux ont été mis à terre lors des multiples guerres tribales qui ont jalonné l'histoire mouvementée de cette île balayée par les vents et les flots. Sculptées dans la roche volcanique, on peut noter que leurs yeux étaient faits d'os de requins ou parfois d'autres vertébrés. Quant aux pupilles, il s'agit d'incrustations de corail ou d'obsidienne. Erigées le long des côtes, ces statues géantes ont la caractéristique d'être toutes tournées vers l'intérieur de la terre, exceptées le Ahu Akivi, alignement de 7 Moaïs qui regardent en direction de la mer. On ignore encore comment les Moaïs furent déplacés, parfois de 20 kilomètres, il y a mille ans ! Leur fonction précise reste mystérieuse. Certains y voient un rôle religieux : des statues dressées en l'honneur de dieux, dans le but de protéger ses habitants des guerres, des esprits malfaisants. D'autres spécialistes y perçoivent davantage l'hypothèse de monuments dressés en l'honneur des morts. Nous choisirons les Moaïs de pour y effectuer un tournage des robes de la Paix. A ces superbes , répondent à chacune des extrémités de l'île deux volcans Rana Roratka et Rano Kau. Ce dernier, le plus majestueux, 652 mètres, fut notre point de chute pour passer la nuit. Quel plaisir de se réveiller au lever du jour devant un si beau spectacle !

On peut noter la présence de nombreuses grottes. La plupart d'origine naturelle et quelques unes crées par la main de l'homme, elles ont longtemps servi de refuge aux Pascuans. Les plages accessibles aux baigneurs se font rares, Anakena, la plus grande plage de l'île, entourée d'une cocoteraie et d'un ahu de magnifiques Moaïs. Mais nous avons plus succombé au charme d'Ovahe, petite plage enclavée dans les rochers et peu fréquentée, un vrai petit coin de Paradis !

Nous terminerons par quelques leçons de vocabulaire pascua, très proche du polynésien : Bonjour " Iorana ", Merci " Maururu ", Comment ça va ? " Pehe koe ? " Bien " Riva riva ". Au revoir " Nana ", et à bientôt en Polynésie française… !

 
Copyright © 2002 - Réalisation K. Allétru et H. Leroyer