Inscrivez vous à notre newsletter:
click here
 
Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

GHANA
Lundi 11 novembre, puis Mardi 19 novembre - Jeudi 21 novembre 2002

1. Visite instructive de l'entreprise G.T.P. (Ghana Textile Printing)
2. Rencontre du couturier ghanéen Thomas
3. Accueil au Novotel Accra et visite de ses alentours


L'étape du Ghana. certes brève et imprévue, mais fructueuse. En effet, suite aux événements en Côte d'Ivoire, et le retard que ces derniers ont impliqué sur notre date de départ en septembre dernier, nous étions contraintes d'omettre les deux premières étapes de notre périple en Afrique, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Finalement, nous parviendrons à remplir tous nos objectifs. L'entreprise Vlisco du Togo met tout en oeuvre pour que les couturiers de ces deux pays puissent s'intégrer dans notre projet, et que nous puissions nous rendre quelques jours au Ghana. Nous nous rendrons à deux reprises au Ghana, une première fois pour la visite de l'entreprise de production de tissus GTP à Tema, une seconde fois pour la rencontre du couturier Thomas à Accra.

1. Visite instructive de l'entreprise G.T.P. (Ghana Textile Printing)

Lomé ne se trouve qu'à quelques kilomètres de la frontière ghanéenne. Une fois les formalités terminées, nous empruntons la route qui nous mène de Lomé à Tema, une route chaotique... Ce n'est rien de le dire. Nous voudrions profiter de ces quelques heures de trajet pour reposer nos yeux fatigués, mais bien qu'exténuées, la route est si mauvaise qu'il nous est impossible de dormir. Elle nous laisse davantage le temps de discuter avec Harmonie, qui travaille pour V.A.C. Togo. Elle doit régulièrement se rendre à l'usine GTP du Ghana pour choisir les futurs tissus qui seront présentés dans leur boutique. Pour s'habiller, une femme a besoin de six yards (un yard correspond à un peu moins d'un mètre), deux pour la jupe, deux pour le haut, et deux pour le bébé. Mais aujourd'hui le pagne est également souvent vendu en pièce de quatre yards. Nous pouvons remarquer en Afrique, le prêt-à-porter est très peu ancré dans les mours, même si cette manière de faire européenne commence peu à peu à s'implanter. Habituellement, les femmes achètent le pagne, se font faire leur tenue par un tailleur ou coupent et cousent elles-mêmes le tissu. Le pagne est un véritable phénomène, un mode de vie dans toute l'Afrique de l'Ouest, de la Côte d'Ivoire, au Ghana, Togo, Bénin, Burkina, Nigeria, Cameroun.

Gilles Moisan, le directeur de GTP (Ghana Textile Printing Compagny) nous accueille.

Peu de visiteurs peuvent accéder à l'intérieur de l'usine, c'est une chance pour nous de découvrir ainsi toute la chaîne de fabrication du tissu, depuis le traitement du coton au produit fini. Créée en 1965, Ghana Textile Printing est une des trois entreprises de production du groupe Vlisco. Deux sont situées en Afrique, l'une en Côte d'Ivoire, l'autre au Ghana, la principale se situant au siège de la société en Hollande. Localisée à Tema, dans la zone industrielle d'Accra, GTP produit principalement pour le marché local et l'export dans la sous-région en Afrique de l'Ouest, ainsi qu'une petite partie en Afrique du Sud. GTP fabrique des impressions Wax à la cire très prisées en Afrique. Pas moins de deux mille employés s'attèlent à cette tâche.

Le coton est au préalable lavé, débarrassé de ses résidus de poils, blanchi et traité. Une fois mercerisé (passé à la soude caustique), le tissu est alors stocké en rouleau de 120 centimètres de large.

Dans le pagne africain, il faut différencier le Wax, du Fancy Woodin. Le premier se distingue par son impression à la cire au recto et verso du tissu, alors que le Fancy nécessite une impression directe sur le tissu, et sur un seul côté. Ainsi, de par son procédé d'impression à la cire, chaque centimètre de tissu Wax peut se prévaloir d'être unique, des petites tâches blanches irrégulières apparaissent aux endroits où la teinture n'a pas pénétré. En ce qui concerne le processus de fabrication du Wax bloc, différent du Wax print décrit précédemment, il est étonnant d'observer avec quelle précision et régularité les hommes " bloquent " à la main les parcelles de tissu, et impriment la couleur directement sur le tissu, fragment après fragment.

Cette tâche est très délicate. Deux ans de formation sont nécessaires pour être habilité à ce poste ! Une journée huit heures leur permet d'imprimer 250 yards. Vous pouvez remarquer que la majorité des employés chez GTP sont des hommes. Pourquoi ? La réponse de Gilles à cette question fut rapide. " Non seulement, il s'agit d'un travail dur physiquement, mais aussi les femmes sont toujours enceintes ! " Toutes ces impressionnantes machines sont fabriquées sur place. De même toutes les colorations sont travaillées dans les laboratoires de l'usine.

Introduit en Afrique il y a plus de 150 ans, le wax tire son origine de l'ancestral batik indonésien. Certains de ces motifs indonésiens demeurent d'ailleurs toujours très à la mode. Au Ghana, 70 % des dessins sont des dessins traditionnels d'Indonésie, tandis que les togolais et les béninois sont plus friands de nouveaux designs. Chaque année viennent ainsi s'ajouter des centaines de nouveaux dessins. D'autres resteront également indémodables de par leur symbolique. La symbolique des motifs et des couleurs est très variée et s'adapte aux différents moments et événements de la vie. Cette symbolique s'adapte aussi aux cultures. Un motif qui pourra avoir énormément de succès en Côte d'Ivoire pourra être un cuisant échec au Togo. L'enjeu de GTP Ghana est de faire évoluer ces habitudes d'achat.

Dorénavant notre regard sur le pagne est bien différent. A sa vue, nous ne pouvons nous empêcher de le tourner, l'observer, le toucher pour s'amuser à reconnaître ainsi son processus de fabrication, ses petits détails qu'on pourrait prendre à première vue pour des défauts, mais qui en font son unicité et tout son charme. Quelle fête pour les yeux, ce mélange chatoyant de couleurs vives et éclatantes empilées le long des étals pour séduire les passants. De toutes les marchandises, ce sont les tissus qui attirent le plus l'attention. Nous apprécions nous promener au marché. La rue est étonnamment colorée. Le regard de ses habitants, pourtant si pauvres, dégage force et joie de vivre. Les femmes africaines portent de lourdes charges sur leur tête, mais de par leur rythme régulier et leur grâce ponctuant chacun de leur mouvement, elles semblent en faire parfaite abstraction.

2. Rencontre du couturier ghanéen Thomas

Lors de notre premier passage au Ghana, Gilles Moisan nous avait vanté ses talents. Vainqueur il y a deux ans du concours national de confection organisé par l'entreprise Vlisco au Ghana, Thomas Sarfo Boachie, avait lors de cette finale " véritablement marqué les esprits ", nous confie Gilles. Chaque année un défilé-concours est organisé dans dix régions du Ghana et permet de déceler et promouvoir de nouveaux talents ghanéens. Aujourd'hui l'entreprise GTP continue de faire appel à lui, et n'est jamais déçu de ses nouvelles collections, empruntes d'originalité, maniant avec habileté l'art d'accorder la coupe, les couleurs et les motifs des pagnes.

Nous nous rencontrons une première fois le soir de notre arrivée au Ghana, accompagné de Kwabena Yentumi, le responsable marketing de l'entreprise GTP et de Barbara Dame, qui travaille dans ce même département. Il vient de Kumasi, à 500 kilomètres d'Accra, il a fait le déplacement spécialement pour notre rencontre.

Agé de 27 ans, ce jeune couturier tire son art de sa mère, qui lui transmet dès son plus jeune âge la passion pour la couture. Son statut de couturier est désormais reconnu sur la scène africaine depuis cinq ans. Il enregistre déjà de nombreux défilés à son actif, notamment l'élection de Miss Univers 2001 et 2002. Le succès de son travail lui a déjà permis d'ouvrir trois boutiques sous le nom de S.O.S. (Sarfo Of Styles). Fabrice Ruiz, de l'entreprise Vlisco au Togo, est également présent à cette première entrevue. Derrière sa timidité, le savoir-faire de Thomas n'est plus à démontrer. Fabrice lui propose donc de participer au défilé qui sera organisé par Vlisco Togo en février prochain à l'hôtel Mercure Sarakawa de Lomé.

Le lendemain, nous passons toute la journée ensemble, réalisons un reportage sur son travail, puis visitons les alentours de la ville.

Dans la boutique Woodin d'Accra, nous pouvons admirer de nombreux tableaux de ses dernières créations.

3. Accueil au Novotel Accra et visite de ses alentours

De même qu'à Lomé, nous sommes accueillies par le groupe Accor au Ghana, au Novotel d'Accra. Cet hôtel a dix ans d'existence et vient tout juste d'être rénové. Philippe Beaudoin, son directeur, travaille dans le Groupe Accor depuis plus de dix ans. Après la direction d'un hôtel Accor en Tanzanie, la direction de Novotel Accra lui revient depuis un an. Stanislas Kante, directeur de l'hébergement, travaille pour Accor depuis onze ans, notamment en Côte d'Ivoire, au Nigeria, et aujourd'hui à Accra. Chaque hôtel compte, outre son directeur général, un directeur de l'hébergement et un directeur de la restauration. Ce dernier est assuré par Francis, à Accra depuis deux ans. Dommage que ce séjour à Accra ait été si court. Néanmoins, nous gardons vivement à l'esprit leur chaleureux accueil et leur convivialité, et les remercions encore d'avoir tout mis en ouvre durant ces quelques jours pour soutenir notre initiative.

Nos quelques jours au Ghana ne nous permettront pas de nous éloigner de la capitale. Nous optimisons donc notre temps à Accra dans la découverte de l'artisanat local et sa côte environnante.

Nous aimerions rentrer davantage dans le centre-ville, mais la circulation en plein après-midi est tellement dense, qu'il faudrait compter plusieurs heures pour rejoindre le centre-ville, à quelques kilomètres seulement ! Kwabena, Barbara et Thomas sont nos guides pour la journée. Comme nous aimons à le faire dans chaque pays, nous n'oublions pas la dégustation de spécialités culinaires... Au menu de ce jour, une spécialité ghanéenne, le " banku ". Il s'agit d'une sorte de boule de pâte à base de farine de maïs avec du poisson grillé. La pâte fermentée est cuite dans des feuilles de banane. L'ensemble se mange bien sûr avec les mains ! Pour une fois, nous ne dirons pas " délicieux ". Pour être honnêtes, lisez sur nos visages, nous dirons plutôt " spécial ". En effet, la pâte de maïs est très bourrative, pourtant Thomas et Barbara finissent leur assiette avec une facilité déconcertante !

Ce rapide séjour au Ghana s'achève, nous rejoignons le Togo par la même route chaotique que celle de l'aller. Ce n'est pas encore maintenant que nous allons dormir ! On y pensera plus tard !

 
Copyright © 2002 - Réalisation K. Allétru et H. Leroyer