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| NEPAL Lundi 15 juillet - Lundi 29 juillet 2002 Résumé de la pge : 1. Entre
tranquillité et instabilité 1. Entre tranquillité et instabilité Le Népal évocateur de dépaysement, de nature, de grandeur, de rêve Nous attendions avec impatience cette destination. Deux amis, Laurent et Brice, nous en avaient déjà beaucoup parlé. L'an passé, ils ont en effet monté un projet " Pakat 85 ", c'est à dire Paris-Kathmandou en stop pendant trois mois. Leur mission une fois le Népal atteint était de leur apporter des fournitures scolaires et de mettre en lien des enfants d'écoles françaises et népalaises. Aujourd'hui trois cent cinquante enfants s'écrivent, une classe de vingt-cinq enfants népalais est également venue en France grâce à cette première initiative.
Cette mendicité est d'autant plus attristante lorsqu'il s'agit d'enfants. Il n'y a pas d'âge pour mendier. Ce sont les mêmes enfants qui viennent nous solliciter et que nous voyons traîner dans les rues jusqu'à dix heures du soir, puis dès le lendemain matin Dans les villages, des femmes passent leur journée à casser des pierres pour en faire à force de temps et d'énergie un petit tas de graviers. Nombreux sont également les habitants des montagnes qui transportent d'impressionnants sacs pour vendre les fruits de leurs récoltes ou ramener des produits de la ville.
Les vendeurs de souvenirs en tout genre nous invitent à rentrer dans leurs boutiques " Bon prix pour toi, parce que t'es un ami ! " 22 heures, la ville se métamorphose en quelques minutes, les rideaux se baissent, les rues se vident. Plus personne n'ose s'aventurer dans les rues, exceptée cette carriole que nous croisons hâtivement sur notre chemin de retour En effet, depuis les attentats de la famille royale l'an passé, un couvre-feu fut mis en place.. 2. Kathmandou et ses alentours Le lendemain matin, nous partons avec Khamsum, qui se fera notre guide pour toute la semaine. Réfugié tibétain, âgé de 29 ans, le contact passe très vite. Nous lui donnons rapidement le surnom de Made, tellement il nous rappelle notre guide indonésien. Khamsum rêve de voyages, il aimerait travailler à l'étranger, mais les visas sont très difficiles à obtenir. Il a pu réaliser ses études en Inde, mais aujourd'hui, comme la plupart des népalais, en raison de son statut et de ses ressources, toutes ses demandes ont été refusées. Cette semaine de trek nous aura permis de beaucoup discuter, notamment des problèmes politiques et économiques que connaissent actuellement le Népal, et des nombreux bouleversements depuis l'assassinat de la famille royale. Beaucoup d'énigmes demeurent. Lorsque nous parlons de cette situation avec les locaux, nous sentons qu'ils ont peur. Avant de répondre à nos questions, ils vérifient d'un il discret que personne ne les entende.
Autour de ce temple, nombreux sont les écoles bouddhistes et monastères, d'où nous entendons encore résonner la musique des hauts bois tibétains. Nous dansons avec une dizaine d'enfants dans la rue, qui l'espace d'un moment, se plongent dans la farandole et les rires, oubliant leur pauvreté et leur nécessité de mendier chaque jour. Lorsque la foule a quitté la place, nous croisons encore deux pèlerins faisant le tour de la stupa à genoux et s'allongeant tous les trois mètres pour prier.
Nous pouvons reconnaître qu'il s'agit d'une crémation hindoue et non bouddhiste. En effet, alors que les bouddhistes célèbrent l'incinération dans une atmosphère de fête, les hindous choisissent le recueillement et la méditation. Tout un cérémonial s'organise, le corps est déposé sur un lit de paille et de feuillages, ses vêtements et objets personnels sont jetés à la rivière, des femmes viennent chercher de l'eau dans la rivière pour purifier le corps Nous y reconnaissons les dalles où furent incinérés le roi et la reine l'an passé. Du haut des escaliers, les sadhus nous observent. Ces hommes barbus, maquillés, et habillés en guenilles font presque peur ! Ils ont en effet choisi de renoncer à tout matérialisme. En pèlerinage perpétuel, ils veulent faire de la mendicité leur véritable métier. Nous sommes poursuivies par les singes. Contrairement aux singes plus sauvages des temples précédents, ceux-là sont loin d'être craintifs, et parfois n'hésitent pas à mordre un touriste asiatique pour lui dérober son appareil photo. 3. Rafting Dès l'aube, nous quittons la ville pour rejoindre à bord d'un bus d'après-guerre les villages plus reculés dans la montagne. Quel plaisir que de pouvoir faire du rafting au cur des paysages les plus grandioses du monde ! Avec nous, un couple de deux brésiliens qui ont choisi de se marier dimanche prochain au Népal. Se joint également à nous, Pablo, mexicain, étudiant en Australie. Actuellement en vacances pour un mois au Népal, il vient de créer le site internet d'une association humanitaire que nous rencontrerons par la suite... Même si les vagues ne sont pas aussi fortes que celles escomptées, ces deux jours de rafting seront riches en sensations et émotions ! Déjeuner sur la plage, jeux avec les enfants dans l'eau... ... nuit à la belle étoile et repli rapide sous les tentes lorsque survient la pluie, baignade dans la rivière à notre réveil. Au petit matin, lorsque nous reprenons le bateau, le courant n'est pas plus fort qu'hier. Finalement nous sautons tous à l'eau, et nous laissons emportées par le courant. La traversée houleuse se déroule sans encombres jusqu'à cette petite frayeur en fin de parcours : alors que notre guide-sauveteur nous demande de nous accrocher à son kayak, celui-ci ne parvient plus à rejoindre la berge. Or à quelques centaines de mètres de nous, il nous informe que nous sommes près d'un des lieux de prédilection des crocodiles Ouf, la berge est atteinte. Un peu de repos serait bien mérité. A l'aide d'un morceau pointu taillé dans une boite en plastique, notre guide perfore l'enflure d'un enfant, due à une piqûre de moustique. Son enflure, située au niveau du sourcil, s'étend sur tout l'il, au point qu'elle lui obstrue entièrement sa vision. De cette plaie, le guide extrait une quantité étonnante de pue que nous parvenons à nettoyer grâce à notre désinfectant de secours. 4. Et trek dans les vallées de l'Anapurna Dans un tout aussi piteux état que le premier, fenêtres et sièges cassées, un autre bus nous permet de rejoindre Pokhara d'où nous démarrerons notre trekking. Malgré la précarité du bus, sous les airs de musique népalaise, le chauffeur arpente les routes sinueuses et chaotiques à pleine vitesse. Nos têtes d'européens surprennent. A côté de nous une mère donne le sein à son bébé. A chaque arrêt des habitants cherchent à nous vendre de la coco, de l'ananas Lors d'un arrêt, il nous arrive quelque chose de plutôt comique. Un garçon vient nous proposer au travers de la fenêtre de la marijuana. Nous lui demandons de répéter, en même temps nous sortons la caméra, et lui disons " Police ! ". Il s'éclipse soudainement ! Ce trajet est un véritable spectacle, les montagnes, les rizières, les familles qui y travaillent, les bufs attelés, les habitants qui attendent que les heures défilent, assis sur le bord de la route
Tant pis, le plaisir de marcher et de respirer cet air pur n'en demeure pas moins grand. Après de longues heures de marche, nous atteignons Tekidunga, petit village où un couple et leurs quatre enfants nous hébergent. Les repas népalais s'organisent différemment des repas européens. Ils se lèvent plus tôt vers 6h et ne prennent alors qu'un thé ou un thé-lait, puis vers 10h ils déjeunent et mangent du Dal Bhat, enfin à nouveau du Dal Bhat le soir. Le " Dal Baht " est ce fameux plat incontournable au Népal, cuisiné à base de riz blanc, agrémenté d'un peu de viande et de légumes, le tout présenté dans une large assiette très plate. Ne cherchez pas les couverts, et mangez avec les mains, vous mangerez alors comme un vrai népalais. Khamsum nous fait ensuite goûter à l'alcool local le Rhashki, de l'alcool de riz. C'est également très bon mêlé à un chocolat chaud A 21 heures, en raison de la pluie, les compteurs d'électricité s'arrêtent, nous terminons notre soirée à la lueur d'une bougie en chantant des berceuses aux enfants de notre famille.
Aujourd'hui encore, nombreux endroits ne peuvent être ralliés qu'à pied. A dos d'ânes ou sur leurs fronts, les habitants passent parfois plusieurs jours de marche pour rejoindre la ville la plus proche et rapporter des produits de la ville ou vendre leurs productions. Comme en Malaisie, dans la jungle du Teman Negara, mais à un degré parfois bien supérieur les sangsues ne nous oublient pas et prennent plaisir à s'infiltrer dans nos chaussettes, chaussures par dizaine et dizaine au point que nous avons dû parfois faire demi-tour lorsque nous empruntions des chemins trop isolés où la pluie et la végétation faisaient tout le bonheur de ces petits invertébrés 5. Retour difficile à Kathmandou, éboulements et innondations En rentrant sur Pokhara, nous sommes confrontées aux inondations, et aux éboulements, qui bloquent la route principale permettant de joindre Pokhara et Kathmandou. Les inondations sont ici une véritable catastrophe. Elles ont provoqué des centaines de morts. Kathmandou et de nombreux villages népalais sont sous les eaux. Nous sommes alors bloquées à Pokhara, sans savoir quand nous pourrons rejoindre Kathmandou. Les éboulements de la montagne bloquent encore la route. Le passage est risqué, et la montagne risque à nouveau de s'ébouler à tout moment. Les informations diffèrent d'une heure à l'autre. Pourrons-nous rentrer ? Peut-être demain. C'est bon pour demain. Non, ce n'est plus possible. Nous suivons l'évolution de la situation et découvrons les images des inondations les plus critiques à la télévision. Après deux jours d'attente et de découverte à Pokhara, notamment son fameux lac Pewar Tal en pleine ville, et son spectacle de danses traditionnelles Khamsum nous annonce que la route est à présent réouverte. A 7heures, le lendemain matin, nous rejoignons un bus direction Kathmandou. Nous mettrons onze heures de bus pour effectuer les deux cent kilomètres qui nous séparent de la capitale ! Le spectacle des désastres est encore impressionnant ! A de nombreux endroits, les éboulements réduisent encore l'accessibilité de la route. Il paraît surprenant qu'une route dans un tel état puisse quand même être autorisée à la circulation. Jamais une telle autorisation n'aurait eu lieu en France ! La file de camions n'en finit pas. Dizaine de mètres par dizaine de mètres, le bus continue son avancée. De manière très irrégulière ! Parfois, nous ne sommes pas gênés sur plusieurs kilomètres, puis sommes arrêtés pendant plusieurs heures ! Des locaux en profitent pour mendier ou vendre à boire et à manger. A notre retour à Kathmandou, nous réalisons avec l'aide de Khamsum d'intéressantes interviews, notamment l'un des membres de la famille royale, qui souligne particulièrement le lien d'amitié entre le Népal et la France, et le directeur de l'agence de trekking. Ils nous emmènent ensuite dans une soirée typiquement népalaise, où les gens peuvent manger sur les rythmes et chants d'un groupe népalais. Mais à notre étonnement, aucune femme n'est présente. En effet, comme nous l'apprend notre guide, il est toujours de coutume au Népal que les femmes restent à la maison après 19 heures ! 6. Rencontre de l'association Swogun Nepal Par l'intermédiaire de Pablo, que nous avions rencontré pendant notre escapade en rafting, nous rencontrons l'association " Swogun Népal ", qui nous semble correspondre au profil que nous recherchons pour notre projet, c'est à dire une association qui met en place des programmes de développement de couture en vue de donner du travail à des femmes défavorisées. Cette jeune association, créée en 1999, est l'initiative de son président Ghokul Khadka népalais qui y consacre aujourd'hui tout son temps. Pendant ces trois ans, une de leurs principales opérations fut la mise en place de l'électricité solaire dans des villages très pauvres du Népal. Ils ont également mis en place des programmes d'apprentissage, notamment deux programmes de développement pour les femmes, au travers de l'enseignement de la couture, en partenariat avec le ministère de l'Education. Le premier programme fut très modeste, une seule machine, vingt mètres de tissus Mais ce premier suffit pour donner l'élan du second qui permit d'aider douze femmes à cinquante kilomètres au nord de Kathmandou. Le prochain aura lieu en septembre 2002, ils espèrent pouvoir aider une vingtaine de femmes. Et ils pensent déjà à celui qui suivra et que nous souhaitons soutenir au travers de notre association Mode Sans Frontières. Les défilés que nous organiserons en 2003 à notre retour en France seront en effet au bénéfice de cette association, ainsi que les associations similaires que nous avons choisies au Mexique et au Brésil. Chaque programme dure environ six mois, un professeur vient chaque semaine apporter son enseignement en leur laissant à disposition des machines à coudre et du tissus. Grâce à cette formation, ces femmes peuvent non seulement créer des vêtements pour leur famille, mais aussi en vendre. Mais pour cela, chaque programme coûte cher. Il leur faut payer le salaire du professeur, apporter des livres, des tables, le matériel Le fonctionnement et le financement de l'association est simple. Ils font appel à des volontaires étrangers. Ces volontaires sont hébergées dans des familles locales, que se charge de trouver l'association. Pour l'hébergement et toute la nourriture, ils paient l'équivalent de 150 euros par mois. Certains restent un mois, six mois, moins, plus Cela plait à tout le monde. Ce n'est pas cher et très enrichissant pour les étrangers, plutôt que de dormir dans un hôtel, et cela permet de dynamiser toujours un peu plus l'association. En effet, cela leur a déjà permis de financer plusieurs programmes. Et ils souhaitent développer encore davantage leur initiative. Aujourd'hui ils accueillent principalement des volontaires d'Australie, Royaume-Uni, Hollande Ils aimeraient beaucoup accueillir davantage de français. Avis aux volontaires ! (www.swogun.org.np) 7. Rencontre de Rage Fashion, deux couturières Mona et Shrijana En consultant internet, nous découvrons le site de deux couturières " Rage Fashion ", un site très attractif où une phrase sur la page d'entrée attire particulièrement notre il " Fashion has no borders " (cf. site www.ragefashion.netfirms.com) Nous les rencontrons quelques jours plus tard dans leur boutique à Kathmandou. Ces deux couturières et amies, Mona et Shrijana travaillent ensemble depuis cinq ans. Shrijana est également directrice d'école. Elle a rejoint, et aide son amie, comme cette dernière lui a demandé lorsqu'elle lança l'aventure. A l'avenir, Shrijana souhaiterait également pouvoir s'y consacrer pleinement. Comme beaucoup de designers népalais, Mona fut formée en Inde, à Dehli. Au travers de leurs créations, elles souhaitent unir modernité et culture népalaise. Leur art est déjà largement reconnu au Népal, elles y ont organisé de nombreux défilés, mais jamais hors de leurs frontières. Participer à un défilé à l'étranger sera pour elle une grande première. Elles nous manifestent tout particulièrement leur enthousiasme de rencontrer au travers de Mode Sans Frontières de nouveaux couturiers, et qui plus est de différentes nationalités, d'être le porte-parole de la mode népalaise, pas suffisamment reconnue, et surtout de pouvoir partager des valeurs de fraternité qui leur sont chères. Elles se sentent d'autant plus investies et touchées que l'une des associations choisies se situe au Népal. Elles pensent déjà à des idées de création pour leur robe de la Paix, qu'elles enverront d'ici la fin de cette année 2002. Nous avons du retard dans notre parcours, nous ne pourrons jamais rentrer pour le 31 juillet. En raison des événements dans le nord de l'Inde, tous les vols vers la France avec British AirWays sont complets. Finalement, avec l'aide de George, de la compagnie British AirWays de Kathmandou, nous parvenons à obtenir la réservation sûre de deux billets pour le 18 août. A trois semaines de la fin, notre date exacte de retour peut être enfin fixée ! |
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