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POLYNESIE II - TAHITIVendredi 15 mars - Samedi 8 avril 2002
1. Ne
croyez plus les rumeurs, Tahiti superbe ! 1. Ne croyez plus les rumeurs, Tahiti superbe ! Beaucoup de gens nous disent avoir été déçus par Tahiti. Certes Papeete est simplement une ville comme beaucoup d'autres, mais l'intérieur de l'île est une merveille : Tahiti-magie, Tahiti-féérie, Ta hiti-paradis. Si vous disposez d'un 4X4, et si vous connaissez des locaux, vous ne pourrez que changer d'avis ! Les tahitiens vous souhaitent donc " Maeva " (Bienvenue) et vous invitent à découvrir leur île A plus de quinze mille kilomètres de la métropole, Tahiti et ses Iles s'étendent sur un territoire maritime de 4 millions de km2, surface équivalente à celle de l'Europe. La superficie de ces terres émergées, réparties en 5 archipels (Société, Tuamotu, Gambier, Marquises et Australes) composés de 118 îles disséminées, couvre 4000 km2. C'est Wallis qui aborde le premier les côtes de Tahiti en 1767. Les polynésiens représentent 70% de la population, les européens sont appelés " Popaa ". Nous retrouvons tout d'abord sur Papeete, Quentin, un ami de Laurent, rencontré en Guyane. Avec lui, nous partons deux jours visiter Moorea. Moorea est l'île sur de Tahiti, un simple chenal la sépare. Trente minutes de ferry nous permettent de joindre les deux îles. Moorea est une terre de légendes et d'histoire. Anciennement nommée Aimeo, un grand prêtre lui donna le nom de Moorea, après avoir eu un songe représentant un grand et très beau lézard jaune. Nous parcourons l'île. La beauté sculpturale de la baie de Cook nous offre depuis son belvédère une vue superbe. La multitude de ses plages de sable blanc, la diversité de ses fonds coralliens et la richesse de sa faune sous-marine nous permettent à nouveau de faire du snorkeling. Nous découvrons au hasard d'une baie l'une des deux fameuses goélettes, sa sur jumelle est établie dans le port du Havre. Nous plongeons dans une impressionnante cascade... ...et terminons notre escapade à Moorea par l'entrevue des dauphins près du fameux hôtel de Moorea, le Beach Comber. Eric et Lisa seront notre famille d'accueil pendant ces deux semaines. Eric est médecin à l'hôpital de Papeete. Il nous a ouvert les portes de sa maison si spontanément et généreusement. Alors que nous consacrons de nombreuses heures à travailler sur nos ordinateurs, leur maison sera pour nous un véritable havre de paix. Nous rencontrons leurs amis Nelly, Joseph, les amis de Lisa, Sam et Hervé, des rencontres qui nous auront beaucoup touchées. La première religion à Tahiti est le protestantisme. Nous assistons à un culte évangélique le dimanche matin au temple de Paofai, lieu de culte des protestants de Tahiti. Nous sommes impressionnées par la beauté des chants et des costumes. Les femmes sont toutes habillées en robe blanche et coiffées d'un traditionnel chapeau blanc. A la sortie de l'office, beaucoup repartent en truck, sorte de bus ouvert, seul moyen de transport public sur l'île. Les femmes portent très souvent un tiaré au-dessus de l'oreille. Porté sur l'oreille droite, cette fleur signifie alors que votre cur est à prendre, porté sur l'oreille gauche votre cur est déjà pris. Notons que le tiare est la fleur la plus célèbre de Tahiti, connu encore sous le nom d'hibiscus rouge, orange ou jaune. Avec Quentin, nous partons découvrir la vallée de la Fataua Deux bonnes heures de marche au travers de chemins escarpés et nous accédons à une cascade de plus de 100 mètres de hauteur, précédée à son sommet de petites cascades. Les vasques nous suffiront pour vivre les sensations de glisse dans les toboggans de ce parc d'attraction naturel ! Tahiti nous dévoilera également ses longues plages de sable noir, plages très convoitées des surfeurs. A la nuit tombée, les tahitiens se retrouvent autour des " roulottes ", une succession de camionnettes et de petites tables installées en plein air. Le choix est vaste, vous pouvez y manger tahitien, asiatique, européen La semaine, les rues de Papeete ne sont pas tr&egr ave;s animées, le week-end, celles-ci prennent une toute autre allure. Vous y rencontrerez souvent de grandes femmes très bien habillées et maquillées, à vous y tromper, ce sont des hommes, appelés à Tahiti les " rérés ". La tradition " réré " date de la colonisation. Dans chaque famille, le premier garçon de la famille, de peur qu'il soit tué par les colonisateurs, était déguisée en fille. La musique au rythme du " hukulele ", sorte de petite guitare, est très ancrée dans la culture polynésienne. Même dans les discothèques de la ville, un air de " hukulele " pourra très bien suivre le dernier tube de Madonna. Vous y verrez les tahitiens et tahitiennes monter sur la piste, et danser comme leurs ancêtres (cf carnet 9 : POLYNESIE I). Seul point noir à Tahiti, ne circulez pas en journée. A toute heure, vous serez confrontés à d'interminables embouteillages. 2. Sports extrêmes et véritable exploration de Tahiti avec Sam et Hervé Sam et Hervé : une rencontre sensationnelle Tous deux tahitiens, ils nous ont guidées pendant deux semaines et nous ont fait adorer leur île. Sam, 41 ans, né à Papeete, est responsable sauveteur en haute montagne. Karen ressemble étrangement à sa fille Lahaina. Karen est alors baptisée Lahaina par les tahitiens. Herv é, 40 ans, né aux Iles Marquises, est guide de sport extrême. Avec eux, nous découvrons Tahiti autrement, l'aspect non touristique. Elle est la seule et unique île de Polynésie avec autant de cascades et de montagnes. En route pour l'expédition à bord de leur 4x4 Land Rover. Notre première expédition sera celle des " lavatubes ", de profondes grottes creusées dans la lave volcanique. Jean-Paul, Gérald, Thierry et d'autres de leurs amis se joignent à nous. Sur la route, nous nous arrêtons au " trou du souffleur ". La mer traverse la route, le vent s'y engouffre et ressort avec puissance par un orifice de l'autre côté. Puissance telle, qu'elle éjecte à plusieurs dizaines de mètres une canette de bière posée à son entrée. L'acc ès au sommet des lavatubes, 800 mètres, n'est pas des plus facile. Nous devons même descendre du 4x4 pour pousser la voiture embourbée. Le point de départ de la randonnée atteint, Sam et Hervé nous harnachent de casque, lampe torche, harnais et combinaison de canyoning. Nous sommes à présent tous prêts pour l'aventure Nous marchons au travers de la forêt tropicale. Hervé nous explique que malheureusement une grande partie de l'île est envahie par une plante importée par un australien, certes très belle, mais qui aujourd'hui s'étend au détriment du reste de la flore. La première cascade atteinte - ouh que c'est haut -, nous effectuons notre première descente en rappel. Un moment de sensations intenses que nous aurons le plaisir de répéter une dizaine de fois au cours de cette journée. En extérieur au milieu d'une végétation luxuriante, en intérieur dans le noir profond des lavatubes, simplement éclairés par nos lampes torches, nous sautons, descendons plus ou moins doucement le long de la corde installée scrupuleusement par nos guides. Nous connaîtrons parfois même des frayeurs, des chutes inattendues, mais à la nuit tombée, lorsque nous quittons le site des lavatubes, tout le monde ne pense qu'à une chose : quand pourrons-nous y retourner ? Quelques jours plus tard sur un autre site la vallée de Tiaré. Le programme est rude, seize cascades à descendre en rappel, dont l'une de quarante-cinq mètres. Sam nous confie que nous sommes privilégiées, seules vingt personnes ont déjà fait ce parcours. A nouveau nous découvrons des paysages grandioses, une jungle abondante, nos yeux sont émerveillés. La volonté de Sam et Hervé est de nous faire découvrir les splendeurs et la culture de leur île. Ils veulent qu'on ait la meilleure image de leur île. Après s'être arrêtés au marché local de Pirae, nous partons avec eux une journée à la découverte de la vallée de la Papenoo. Celle-ci regorge de cascades, nous no us arrêtons au petit village de Fare Ape au cur de la vallée. Les gens y dorment dans de petits bungalows et vivent des produits de la nature. Nous y cuisinons nous-mêmes du thon cru à la tahitienne avec du lait de coco que nous pressons dans un torchon pour en extraire le jus. Nous cuisons sur la braise le thon et le uru. Cuit, ce fruit tahitien se rapproche du goût du pain. Nous dégustons le tout avec un peu de corned beef. Un délice que nous avons hâte de vous cuisiner à notre retour en France Nous reprenons la route, mais le chemin est tellement chaotique que nous crevons un pneu ! Nous nous arrêtons ensuite au Lac Vaihiria, le lac bleu. Entouré par la montagne, ce lac est le plus grand lac de Polynésie. Les récits d'Hervé, les légendes de l'île, l 'amour qu'il a pour sa famille et ses 31 frères et surs (oui, vous avez bien lu 31), les traditions polynésiennes, tous ses récits nous captivent. Hervé est couvert sur une grande partie du corps de tatouages. L'art du tatouage figure parmi les arts les plus anciens de la Polynésie. Cette tradition perd malheureusement parfois son sens, devenu souvent uniquement commercial, mais autrefois chaque tatouage représentait une étape, un chemin de vie, il se méritait. Notre séjour à Tahiti se terminera en toute beauté par la rencontre des dauphins le matin de notre départ. A bord de trois kayaks, nous partons avec Sam sur la baie de Tahara'a que les dauphins ont l'habitude de fréquenter. Un rêve d'enfant réalisé... Ce n'est plus les observer captifs dans un parc aménagé, mais nager au milieu d'eux. Ce n'est plus les compter sur les doigts d'une main, mais tourner sans cesse la tête à ne plus pouvoir les compter. Ils viennent près de nous par centaines, nagent sous nos kayaks C'est incroyable ! Nous nous arrêtons ensuite manger chez Armendo, un ami de Sam et Hervé. Il joue dans le même groupe de musique que Sam. Lassé de la ville et ses contraintes, il a décidé de construire lui-même sa maison près de la plage, tout en bois et matériaux recyclés. Son chien de garde est un sanglier ! 3. La couturière Roti Make, une femme ambitieuse et généreuse Au
delà de la rencontre d'une couturière pour notre projet,
la rencontre de Roti deviendra aussi la rencontre d'une amie. Nous la
reverrons à plusieurs reprises pendant notre séjour. Roti
est immédiatement séduite par notre projet et souhaite faire
partie de la chaîne des couturiers de notre spectacle. Cette femme
de par son histoire, de par son dynamisme, de par ses valeurs, est une
femme hors du commun. Elle est cou turière, artiste-peintre, sculpteur.
Elle aime s'engager, milite dans de nombreux projets, protection de l'environnement,
arrêt des essais nucléaires, veut faire des choses pour aider
les jeunes à entreprendre. A ce titre, elle créé
l'école des Arts appliqués. Le but est de proposer des cours
de couture, de joaillerie, de sculpture, de peinture. Chaque année
le nombre d'élèves augmentent. En 1995, avec le soutien
de la Maison Carven, Roti met en place le prix Carven Polynésie.
De nombreux jeunes créateurs concourent pour ce prix. Nous rencontrons
deux de ses élèves Moeta Vahinemoea, de Huahine et Rereata
Martin, de Tahiti. L'une est créatrice de mode et lauréate
du concours Carven 2002, l'autre est créatrice de bijoux. Ensemble
elles crée ront une robe et sa parure pour notre spectacle. Pour
Tahiti, une robe de la paix sera créée par Roti et une autre
par son élève. 4. Couverture médiatique Suite
aux intempéries connues lors du championnat du Monde de Va'a, notre
intervention pendant le journal télé de TNTV sur la plage
de Bora Bora fut reportée. Nous sommes aujourd'hui reçues
sur le plateau de la présentatrice Tiare. Un reportage retraçant
notre projet, et la rencontre de notre couturière Roti Make à
Tahiti est diffusé. Tiare procède ensuite à une interview
plus précise. 5. Création de notre site internet Le projet avance à grands pas. Notre souci majeur est le site internet, qui n'est pas attractif et qui n'est pas à la dimension du projet. Un second problème, il n'y a pas de vols disponibles Papeete-Nouméa avant deux semaines ! Un seul vol par semaine, le samedi, et celui-ci est complet. Air Calédonie, la compagnie aérienne qui assure les vols entre Tahiti et la Nouvelle-Calédonie, apprécie que nous ayons mis en valeur la mode du Pacifique. Air Calédonie finance ainsi notre vol pour Nouméa. Pendant ce laps de temps, nous choisissons de relever un nouveau challenge : celui de créer notre propre site internet. Deux semaines à Tahiti à travailler presque nuit et jour sur la création d'un nouveau site internet. Jean-Paul, rencontré pendant l'excursion des lavatubes, nous apporte de l'aide. Eric, qui nous accueille, vivra la création du site et nous encouragera dans notre rythme intensif de travail. Le jour de notre départ, le site modesansfrontieres.com ou modesansfrontieres.org est presque prêt. 6. Départ à la tahitienne A l'aéroport, ils viennent nombreux nous dire au revoir et nous ont préparé des colliers de coquillages. Les colliers de fleurs sont offerts à l'arrivée en Polynésie, les colliers de coquillages sont réservés aux départs. Le peuple polynésien a une longue tradition d'accueil et de spontanéité. Nous avons été conquis par la Polynésie. Et nous y reviendrons (symbole des colliers de coquillages remis à notre départ). Certes, nous aimerions rester plus longtemps, mais à nouveau, il faut partir. C'est une des difficultés de notre Tour du Monde, encadré par des impératifs de rendez-vous, et pour les bienfaits du projet. Même lorsque vous vous plaisez dans une destination, il faut toujours " PARTIR ", penser non plus à ce que l'on perd, mais à ce que l'on gagne, penser à ce prochain pays, ce que nous allons y découvrir, qui nous allons y rencontrer. Et c'est ainsi, que nous nous envolons vers la Nouvelle Calédonie, où la famille de Laurent, un ami d'Angers, nous attend. Air Calédonie, étant notre partenaire, nous sommes invitées dans le cockpit. |
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