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SENEGAL
1.
Le styliste sénégalais Hamadou Makhtar Dapina, créateur
de la robe de la paix du Sénégal Le compte à rebours a commencé. J - 30. Le 16 janvier 2003, date du grand retour, avance à grands pas. Et il nous reste à visiter le Mali, le Sénégal, le Maroc, la Côte d’Ivoire et l’Afrique de l’Est ! Le temps nous est compté. Contraintes à faire des choix, nous décidons de voler directement du Burkina vers le Sénégal. Pour le Maroc, Estelle Davy, mannequin de Mode Sans Frontières, prend en charge notre mission. Elle vous expliquera dans un prochain carnet de bord sa rencontre avec la styliste Zineb Shimou à Agadir. Pour la Côte d’Ivoire, Leticia N’Cho, mannequin de Mode Sans Frontières et Miss Côte d’Ivoire 1998, réalisera lors de son voyage à Abidjan l'interview de Gilles Touré, célèbre styliste ivoirien, ainsi que l'interview de différents représentants de la Maison Vlisco, fabricant de pagnes africains.
1. Le styliste sénégalais Hamadou Makhtar Dapina, créateur de la robe de la paix du Sénégal Fils de la célèbre styliste sénégalaise Oumou Sy, Hamadou Maktar Dapina est celui qui représentera le Sénégal dans le spectacle Mode Sans Frontières. Vlisco lui fournit le pagne pour la création de sa robe de la paix. Dès le premier jour de notre arrivée à Dakar, nous les rencontrons au sein de leur atelier. Oumou Sy y a créé une école de stylisme, les Ateliers Leydi. Cette école a pour but de former de jeunes créateurs aux techniques traditionnelles et modernes de la parure et du costume en Afrique et en Occident. Hamadou nous fait la visite des différents ateliers. Ils y conçoivent et fabriquent intégralement leurs créations depuis le tissu jusqu’aux bijoux en passant par la broderie, la teinture et une diversité de techniques qu’ils maîtrisent parfaitement. Oumou Sy s’est imposée comme une des grandes créatrices contemporaines non seulement africaines mais aussi internationales. Aujourd’hui elle souhaite laisser la place aux jeunes. Son fils Hamadou Makhtar Dapina est communément appelé Papi, il porte le même nom que son grand-père. Né le 11 février 1981, Hamadou a suivi une formation de stylisme aux ateliers Leydi pendant trois ans. D’un naturel discret, Hamadou nous explique sa passion pour la création. Il cumule déjà de nombreux prix. Il n’avait que 17 ans lorsqu’il fut sacré « Ciseaux d’Or » en 1998 lors du concours organisé par Uniwax à Abidjan (Uniwax : entreprise du groupe Vlisco, à Abidjan). Il a aussi participé à de nombreuses manifestations en Afrique, en France et en Suisse. Hamadou s’intéresse également beaucoup à l’informatique. Il a d’ailleurs créé lui-même son site internet http://www.chez.com/baba/menu.htm Grâce à cet outil, il cherche à valoriser la mode africaine. Lors de la conférence de presse organisée au Novotel Dakar, nous portons deux de ses créations. Les matières utilisées sont plus qu'originales, notamment un sac de riz pour la robe portée par Karen, des bourses en peau d'animaux pour la robe de soirée rouge et noire d'Hélène.
2. Rencontre avec la styliste allemande Dorothee Goerke et la styliste gabonaise Marci Pour cette conférence, Oumou Sy et Hamadou sont venus accompagnés de trois de leurs élèves, Zara, Dorothee et Marceline. Toutes trois suivent actuellement une formation aux ateliers Leydi.
3. Dakar et ses alentours... Un lac étrange, le Lac Rose Par ses infrastructures, ses immeubles, ses magasins… Dakar nous rapproche beaucoup de nos villes occidentales. Nous faisons quelques achats de Noël au grand marché artisanal de Dakar. Marchander avant d'acheter est ici pratique commune. Hmour, bagou et patience sont nécessaires ! Statues en ébène, verres en corne de boeuf, tout se marchande !
Sachez, paraît-il, qu’un bain dans le Lac Rose soigne les hémorroïdes ! Parole de salinier ! Toujours est-il le taux de salinité y est si élevé que tout corps vivant ne peut que flotter. Nous tentons l’expérience quelques minutes. Quelle drôle de sensation !
Face à Dakar, à une demie heure en bateau, l’île de Gorée fut découverte en 1444 par les Portugais. Cette île fut pour les Hollandais, les Français et les Anglais, le premier relais avec le continent africain. Elle a joué un rôle important dans la traite des Noirs. On y voit encore l’église du 18eme siècle, la maison des esclaves, les deux forteresses. Au fur et à mesure de notre visite, nous appréhendons mieux la question de l’esclavage. Nous entrons dans les cellules où étaient emprisonnés les esclaves. Les conditions sont effroyables. Dans une cellule de 10 m² pouvaient s’entasser une cinquantaine d’hommes ! Tout esclave malade ou agonisant était jeté à la mer et mangé par les requins. La traite des noirs a duré trois siècles, jusqu’en 1848. La traversée de l’Atlantique faisait partie d’un circuit complexe, intéressant trois continents, d’où son nom de trafic triangulaire. Le navire négrier quittait l’Europe chargé de marchandises. A la côte africaine celles-ci étaient déchargées contre des esclaves, lesquels étaient transportés en Amérique. La traversée durait de un à trois mois. Le bâtiment regagnait l’Europe chargé des produits obtenus en Amérique grâce au travail des esclaves : sucre, coton, café, tabac, indigo… La cargaison humaine d’un navire négrier comprenait également un tiers de femmes ainsi qu’un nombre limité d’enfants et d’adolescents. Les conditions à bord étaient précaires, et le taux de mortalité atteignait parfois 20 à 30 %.
Il semble émaner de cette terre et de ces pierres tant de souvenirs du temps passé. Un baobab, symbole du pays, attire notre attention. Cet arbre peut vivre deux mille ans, le tronc atteint parfois vingt mètres de circonférence. C’est aussi l’arbre des croyances animistes. Surtout ne vous avisez pas à casser l’une de ses branches : vous attireriez les foudres de l’esprit qui l’habite. Ses fruits, appelés « pains de singe » servent à fabriquer du savon ou du jus.
5. Saint Louis : entre les deux îles Située à l’embouchure du fleuve Sénégal, l’île Saint-Louis, ancienne capitale du Sénégal, est formée de deux longues îles parallèles, reliées par un pont. Elle était également un lieu de prédilection pour l’embarquement des esclaves. Nous traversons à bord d’une calèche les deux côtés de la ville. Nous y découvrons une ville pleine de charme où tout se mêle : pêcheurs en suroît jaune, femmes en boubou et turban sur la tête, maisons à balcons du 17ème siècle et cahutes de bois, dunes et jardins, arbres fleuris et bougainvillées en cascades… Dans la maison des sœurs, le balcon et les escaliers prennent la forme d’un cœur. Nous pénétrons également dans le quartier des pêcheurs. Saint Louis vit principalement de la pêche. L’odeur du poisson séchant au soleil devient rapidement très forte, voire insupportable. Nous clôturons notre après midi par une courte pause sur les plages de Saint Louis.
6. Accueil au Novotel Dakar Nous séjournons au Novotel de Dakar du 17 au 23 décembre. Situé dans le centre de Dakar et au bord de la mer, le Novotel possède une vue imprenable sur l’océan et l’île de Gorée. Son directeur, Jean Christophe Mialet, vit en Afrique depuis 15 ans. Quinze ans qui lui ont permis de connaître la Mauritanie, l’Ile Maurice, la Cote d’Ivoire, la Guinée Konakry, et aujourd’hui le Sénégal. Encore une fois l’accueil est irréprochable. Le directeur, Jean-Christophe Mialet et son personnel expriment un vif intérêt vis-à-vis du projet. Monsieur Mialet insiste sur le fait que le groupe Accor avait notamment un rôle à jouer concernant notre sécurité en Afrique. Nous rencontrons le directeur de l’hébergement, les responsables marketing, communication... Au
travers de toutes ces interviews, de nos rencontres, nous en apprenons
plus sur l’histoire du pays, sur la diversité de sa population,
de ses langues, de ses cultures. Ces ethnies, à majorité
musulmane, ont immigré de plusieurs points d’Afrique à
la recherche de terrains d’élevage et de culture. On compte
parmi eux les Ouolof, les plus nombreux, mais aussi les Peuhl, les Toucouleur.
7. Escale en France : Noël surprise Pour se rendre en Tanzanie, nous devons obligatoirement faire escale à Paris. La coïncidence est de taille puisque notre escale est du 24 au 27 décembre. Hélène célèbre le réveillon de Noël dans la famille de Laurent. Leurs chemins s’étaient croisés en Guyane en janvier dernier… Le Sénégal fait partie de la fête : Hélène a rapporté des cadeaux typiques, notamment une kora, instrument à cordes très répandu. Sur la base d’une grande calebasse est tendue une peau de chevreau, formant ainsi la caisse de résonance. La kora est de toutes les fêtes en Afrique. Néanmoins, il n’est pas évident d’en jouer pour la première fois ! Alors pour ce soir, nous préférons écouter les talents de Guy, le grand-père de Laurent, à l’accordéon !
Le 27 décembre, les bagages ne sont pas défaits et nous repartons vers l’Afrique de l’Est. Le tour du monde touche à sa fin. L’année dernière, nous célébrions l’année 2002 au Mexique, cette année, nous vous donnons rendez vous en Tanzanie, au milieu des animaux sauvages.
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