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Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

TANZANIE
Dimanche 29 décembre 2002 – Jeudi 16 janvier 2003

1. Une rencontre touchante, Angela
2. La rencontre de la couturière et des médias
3. Accueil du groupe Accor en Tanzanie
4. Notre réveillon du Nouvel An en pleine savane tanzanienne
5. La Terre des animaux sauvages
6. Accueil dans un village massaï
7. Elizabeth et Laslo, un couple hors du commun
8. L’île de Zanzibar
9. Dar Es Salaam, l’accueil de Tedd et sa famille


1. Une rencontre touchante, Angela

Dernière étape de notre Tour du Monde… la Tanzanie… Différentes circonstances ont fait que la mise en ligne de ce carnet de bord de Tanzanie a pris beaucoup de retard. Et pourtant cette dernière étape n’en fut pas moins riche de moments forts et émouvants, notamment la rencontre touchante de cette petite fille de 13 ans, dans un village pauvre de Tanzanie, près du Lac Manyara. Elle s’appelle Angela, et vit seule avec sa grand-mère. Comme beaucoup d’enfants intrigués par la présence de « blancs » dans leur village, elle nous suit alors que nous marchons tranquillement aux alentours du lodge qui nous hébergeait pour la nuit.

Nous nous arrêtons de temps à autres prendre des images du splendide panorama qui nous entoure. Cette petite fille en guenilles, est toujours là, discrète, timide, les yeux fuyards. Karen se tourne alors vers elle, et lui demande : « Comment t’appelles-tu ? Que veux-tu faire plus tard ? »

Bien qu’Angela comprenne quelques rudiments d’anglais, la responsable du lodge qui nous accompagne, nous aide à mieux nous faire comprendre dans sa langue. Alors qu’elle ne connaît rien sur nous, nous ne connaissons rien sur elle, la petite fille nous répond « I want to be a designer », « Je veux être créatrice de mode, mais je sais que ce n’est pas possible, ce n’est qu’un rêve, je n’aurai jamais suffisamment d’argent pour acheter une machine. »

Combien coûte une machine ? Cent dollars. Nous sommes à quatre heures aller-retour de la ville en voiture… Et si nous l’aidions à réaliser son rêve. Habituellement, nous choisissons des associations humanitaires. Cette fois, nous avons le coup de cœur pour cette petite fille. Et plutôt qu’attendre des mois et lui verser de l’argent depuis la France, nous préférons lui offrir dès maintenant une machine à coudre, et en mains propres. Nous la quittons en lui promettant simplement que nous allons faire quelque chose pour elle, mais nous ne savons alors comment nous pourrons revenir, quand cela pourra-t-il être possible ? Nous lui laissons nos coordonnées et un petit mot sur notre carte qu’elle serre bien contre elle. La petite fille en guenilles, aux yeux fuyards repart aussi discrète qu’elle nous est apparue

Nous profitons de notre conférence le lendemain matin pour partager notre expérience et notre envie d’aider cette petite fille aux journalistes. L’un d’entre eux, journaliste pour la télévision d’Arusha est vivement touché par cette histoire et veut être présent lors de la remise de la machine à coudre. Tout s’organise alors très vite. Dès le soir-même, nous appelons le lodge du Lac Manyara, qui prévient la petite fille de notre venue dès le lendemain avec la machine. La machine est achetée dans le centre-ville d'Arusha...

... et nous voilà parties en direction du petit village du Lac Manyara. Le village nous réserve un accueil exemplaire. La remise de la machine et la présence de la presse pour l'événément sont organisés dans le lodge du groupe Accor en bordure du Village.

Angela est accompagnée de sa grand-mère et d’habitants du village. Pour l’occasion, la grand-mère parvient à se faire prêter pour Angela une belle robe et des chaussures. C’est la première fois que la télé vient ici ! Angela est tellement émue, qu’elle reste presque muette tout au long de notre rencontre, jusqu’au moment du départ, alors que nous nous apprêtons à remonter dans la voiture, elle se jette en larmes dans nos bras.

Aider cette petite fille nous fait d’autant plus plaisir qu’elle a connu jusqu’alors de nombreux coups durs. Enfant, sa mère l’a abandonnée, elle n’a pas vu son père depuis cinq ans. C’est sa grand-mère qui seule s’occupe d’elle à présent. Grâce à cette machine, cette petite fille de treize ans va pouvoir vivre décemment, mais aussi faire vivre sa grand-mère, créer et vendre ses créations pour ses proches, sa famille, son village et les villages alentours. Il s’agit certes d’un petit geste, une goutte d’eau dans un océan, mais depuis notre retour, nous repensons très souvent à cette petite Angela, et attendons vivement le plaisir de retourner sur les lieux, la retrouver, voir ce que ce petit talent de couturière sera devenu dans quelques années.


2. La rencontre de la couturière et des médias

Un grand talent de couturière… comme l’est aujourd’hui Gaudencia Magessa, jeune créatrice tanzanienne. La passion pour la Mode et la couture est une passion que sa grand-mère lui a transmise depuis son enfance. Elle découvre ensuite la Mode sous un autre angle, puisqu’elle remporte à l’âge de dix-huit ans l’élection de Miss Kenya. Aujourd’hui elle aimerait vivre de sa passion en tant que couturière, mais la notoriété est difficile et longue à atteindre. Son rêve serait notamment d’approfondir ses cours de couture en France.

Le groupe Accor réalise une conférence de presse, puis un repas à l'hôtel, où nous réunissons Gaudencia et l’ensemble des médias locaux et nationaux, presse écrite et télévisée.

Cette conférence sera aussi l’occasion de porter nos deux robes de la Paix, comme nous l’avons toujours fait sur de nombreuses destinations.

Nous porterons à nouveau nos deux robes quelques jours plus tard en plein cœur de la réserve tanzanienne du Lac Manyara, au nord d’Arusha. La savane que nous surplombons nous offre une vue panoramique grandiose.


3. Accueil du groupe Accor en Tanzanie

Le groupe Accor, partenaire de Mode Sans Frontières, nous a accueillies sur de nombreuses étapes en Afrique. Sur cette dernière étape à nouveau, le groupe Accor nous reçoit à bras ouverts dans son hôtel Novotel à Aursha.

Le directeur de l’hôtel, Tedd, a aussi la charge d’un autre hôtel à Dar Es Salaam. Il est rarement présent à Arusha, c’est donc Zarah, son assistante qui remplit le rôle de directrice. Le parcours de Zarah est particulièrement exemplaire. Agée de 29 ans, d’origine indienne, elle n’a jamais habité en Inde, mais en Tanzanie les six premiers mois, puis en France jusqu’à la fin de ses études. Elle a intégré le groupe Accor depuis seulement quatre ans. A 29 ans, après un stage de fin d’études en Tanzanie, où le directeur a été ravi de ses compétences, il lui a confié à présent ce poste. Elle représente en Afrique la seule femme directrice d’un hôtel Accor et la plus jeune également ! Nous discutons beaucoup avec Zarah, de son expérience, de ce qu’elle vit, ce qu’elle découvre dans ce pays qui la désormais tout à fait adoptée. Nous admirons beaucoup son dynamisme, son courage, sa générosité qui rayonne en elle.

La capitale économique de Tanzanie est Dar Es Salaam alors que sa capitale administrative est Dodoma. Cet étonnant constat est un état de fait si commun en Afrique. Tous les ministres du gouvernement habitent à Dar Es Salaam, néanmoins le gouvernement maintient Dodoma comme capitale du pays. En effet cette distance de trois cent kilomètres permet à ces ministres de bénéficier d’indemnités de déplacement et de logement lorsqu’ils se rendent à Dodoma pour les réunions ! Cela nous paraît absurde, et pourtant cette pratique est une pratique tout à fait commune en Afrique !

Zarah met tout en œuvre pour nous aider au mieux dans la réussite de notre projet, mise en contact avec la future créatrice tanzanienne de notre spectacle, organisation d’une conférence de presse et d’un déjeuner à l’hôtel avec les journalistes presse, télé et radio du pays, accès à internet dans ses locaux. De plus, sachant qu’il s’agit de notre dernière destination avant notre retour en France, Zarah veut nous faire découvrir et apprécier au mieux son pays. Elle organise pour nous tout un périple safari de six jours en 4X4. Au programme, Ngorongoro, Serengheti, et enfin le Lac Manyara, trois lieux d’immenses réserves naturelles d’animaux. Saïdi, le chauffeur de Zarah, nous emmène et nous guide pendant tout ce périple.

Dans chacune de ses réserves, nous sommes hébergées dans des lodges appartenant au gouvernement, mais managés par le groupe Accor.


4. Notre réveillon du Nouvel an en pleine savane tanzanienne !

31 décembre au matin… Et nous voilà parties pour notre première journée de safari. Nous atteignons Ngorongoro en fin d’après-midi.

Ngorongoro fait partie du triptyque incontournable des plus riches réserves d’animaux en Tanzanie, comprenant également Serengheti et le lac Manyara, un peu plus au nord du pays.

31 décembre… il y a tout juste un an, nous étions au Mexique, et fêtions les douze coups de minuit au sein d’une famille de Mexico… Aujourd’hui le lieu n’en est pas moins incongru. Nous sommes en plein cœur de la savane tanzanienne, et attendons avec impatience le premier jour de l’année 2003 pour nous plonger dans la réserve de Ngorongoro à la découverte des animaux. Pour fêter cet événement, le responsable du lodge a fait venir des acrobates africains d’Arusha.

Cracheurs de feu, jongleurs, équilibristes nous présentent un spectacle d’une qualité impressionnante. Quelle souplesse ! L’ambiance du dîner dans le lodge est plus que conviviale.

Soudain quelqu’un vient taper sur l’épaule de Karen. C’est Marco, un copain italien avec qui Karen a fait sa dernière année d’étude d’Ecole de Commerce à l’Université d’Edinburgh. Le monde est parfois si petit ! Minuit sonne, nous nous offrons nos cadeaux mutuels, puis rejoignons les pas de danse des africains. Nous partons ensuite faire un tour dans la savane avec le 4x4 d’un des africains du lodge. Nous sommes une bonne dizaine dans la voiture… Il pleut à torrent, la visibilité est nulle. Nous qui pensions voir des animaux de nuit… Retour au lodge, courte nuit et toutes nos pensées à nos proches, familles, amis… A tous, bonne et heureuse année 2003 !

5. La Terre des animaux sauvages

Le jour se lève… Rapide petit-déjeuner et nous voici déjà à bord du 4x4 avec Saïdi. Lorsque nous quittons le lodge, nous sommes surprises par le temps très brumeux, et pourtant comme nous le dit notre guide, lorsque nous descendons au sein du cratère de Ngorongoro, la brume qui l’entoure reste en effet bien en surface. Ce cratère est immense. Eléphants, gnous, zèbres, girafes, vautours, hippopotames, flamants roses, guépards, gazelles, lions, léopards, rhinocéros, hyènes, autruches, phacochères… malgré la pluie fine, toute cette journée se révèle un spectacle grandiose.

Soudain, alors que nous sommes arrêtés pour observer une famille de lions, l’un d’entre eux s’approche et se couche à un mètre de la voiture. Mais voilà que notre caméra nous lâche, plus de batterie ! Et la pellicule de notre appareil photo vient de se bloquer ! Lorsque l’incident technique est rétabli, le lion est déjà reparti plus loin…

Tant pis, ces images resteront gravées dans nos mémoires, mais nous aurions bien aimé vous les faire partager ! Nous poursuivons notre parcours dans la réserve, les groupes d’animaux se succèdent devant nos yeux, le spectacle de la Nature est saisissant.

Le soir, de retour au lodge, nous descendons au village le plus proche. Un concert de musique y est prévu ce soir. Beaucoup d’enfants s’agglutinent autour de nous. Ils sont notamment intrigués par la couleur de notre peau, la texture et les tons clairs de nos cheveux.

Le lendemain, nous quittons Ngorongoro pour Serengheti. Sur la piste, nous croisons à nouveau des animaux, des giraffes, des zèbres par centaines, des gnous par milliers... Parfois, nous sommes obligés de nous arrêter pour laisser passer le troupeau !

Alors que nous longeons ces paysages sans fin de steppes et de savane, nous apercevons la carcasse d’un gnou, prise d’assaut par une trentaine de vautours, surveillée attentivement par une hyène à quelques dizaines de mètres, préparant consciencieusement son attaque…

A la différence de Ngorongoro, le site de Serengheti ne se présente pas sous la forme d’un cratère, mais une immense étendue. En superficie, il s’agit de la plus importante réserve tanzanienne, les animaux y sont également moins concentrés. Nous partons la première journée sans guide, puis le lendemain avec un guide, mais cette journée avec guide sera semée de quelques péripéties. En effet, le feeling ne passe pas vraiment… Il est vraiment moins sympathique et plus strict que celui que nous avions à Ngorongoro, à croire qu’il n’aime pas son métier, ou du moins qu’il n’aime pas nous le faire partager. Il s’énerve sans cesse. Et soudain lorsqu’Hélène ose poser la camera sur le toit de la voiture pour filmer sans bouger les huit superbes lions qui se présentent juste devant nous...

...il exige que nous rentrions au lodge sur le champ ! La sentence est dure ! A notre regret, nous quittons plus tôt que prévu Serengheti, toujours avec nos robes de la Paix sous le bras !

Nous rejoignons le lendemain matin le Lac Manyara. Bien sûr Madame La Girafe, prenez votre temps, nous vous laissons le passage. Celle-ci s’arrête devant notre voiture et la longe tranquillement. Tout comme vous, nous ne sommes pas pressés ! Nous ne serons pas déçues par le spectacle de cette réserve plus petite que les deux premières, mais la chance est avec nous, tout particulièrement des éléphants entourent notre voiture et des lions dorment tranquillement dans les arbres à quelques dizaines de mètres de notre 4x4.

Nous apprenons à découvrir de nombreux animaux que nous ne connaissons pas, mais aussi nous discernons mieux les espèces, comme les différences entre les gazelles Thomson, les gazelles Grant, les impalas, les antilopes cheval ou hippotragues, les cobs du buffon, les cobs de fasa, les damalisques, les licaons, les dick dick, les marabouts, les topis…


6. Accueil dans un village massaï

Cette expédition au cœur de la savane tanzanienne sera aussi l’occasion de rencontrer les peuples massaï. Nous nous arrêtons sur notre route dans un de ces villages dispersés parmi la steppe. Vingt-quatre cases en bouse de vache et branchages abritent les soixante-quinze habitants de ce village. Une dizaine de vaches pâturent et se reposent près du campement. Une enfant ramasse à mains nues les bouses et les pose dans un tas pour l’utiliser par la suite dans la construction et la réparation des toits de leurs maisons.

Le chef nous invite à visiter sa demeure, qu’il partage avec sa première femme.

En effet, les hommes peuvent avoir plusieurs familles, mais chaque femme a sa maison. Quant à lui, le chef nous explique qu’il a deux femmes et sept enfants. Sa femme est alors en train de préparer un porridge. La chaleur y est étouffante. Il a eu la chance de pouvoir apprendre jeune l’anglais. Aujourd’hui il se rend de temps à autres dans la ville, et accède parfois même à internet ! Il nous présente ensuite à l’ensemble de son village. Tous sont revêtus d’une sorte de couverture rouge. Seules les femmes peuvent ajouter un peu de bleu à leurs vêtements.

Tous les habitants ont les cheveux très courts, voire rasés, même les femmes. Seuls les hommes guerriers ont les cheveux longs, avec des ornements dans les cheveux. En effet, les guerriers ont des cheveux longs pour ressembler aux lions.

Les femmes et le reste de la population ont les cheveux courts à l’image des lionnes. Les massaï ont parfois d’énormes trous dans les oreilles. En effet, celles-ci sont percées pour y placer des décorations, ou y faire pendre du haut en bas de l’oreille des colliers et toutes sortes d’ornements. Impressionnant ! Les hommes et femmes dansent et chantent pour nous. Nous nous sentons complètement plongées dans un autre monde.

Le hasard fait bien les choses, puisque sur notre route nous croisons à nouveau Marco et son amie, amis italiens de Karen avec qui nous avions partagé la soirée du Nouvel an.


7. Elizabeth et Laslo, un couple hors du commun

Tedd, le directeur de l’hôtel Accor à Dar Es Salaam et Arusha, nous met en contact avec leurs amis Elzabeth et Laslo, qui passent leur vie dans la savane, au pied du Kilimandjaro, au milieu des chevaux. La ville la plus proche n’est qu’à une vingtaine de kilomètres ! Leur bonheur se lit sur leurs visages. Ils forment un couple, comme il est beau et rare d’en rencontrer. Ils sont allemands, à l’origine de profession vétérinaires, et ont tout plaqué pour venir vivre en Tanzanie. Laslo a 57 ans, Elizabeth 36.

Certes, une grande différence d’âge, mais qui ne transparaît pas sur leurs visages. Ils se sont rencontrés il y a dix ans lors de leur passion commune en Allemagne, la pratique du cheval… A plusieurs reprises, ils sont venus en vacances en Tanzanie jusqu’au jour où ils ont décidé, il y a six ans, de venir y habiter emmenant par avion leurs huit chevaux, chiens, chats…

Ils ont aujourd’hui dix-neuf chevaux, six chiens, huit chats, des vaches, veaux, cochons, des poules, des dindes, et même deux hiboux qu ils ont récupérés… Ils ont d'abord habité à Arusha. Depuis six ans, ils ont acheté et retaper cette ferme de 160 hectares. Au départ ce n’était qu’une maison abandonnée en pleine brousse. Aujourd’hui, ils continuent leurs prestations vétérinaires, et vivent des produits de leur ferme, lait, légumes, viande… Ils produisent aussi du café qu’ils revendent à une entreprise d’export, et produisent du maïs pour les bêtes. Sur certaines parcelles, lorsqu’ils récoltent le maïs, ils coupent tout à la main, afin de conserver les plantations de café plantées entre les rangs de maïs. Ce qui représente alors deux-cent employés ! au travail pendant une dizaine de jours ! La main d’œuvre ici ne coûte rien.

Le lendemain matin de notre arrivée, nous partons à trois chevaux avec Laslo pour une bonne journée de promenade dans la savane environnant le Kilimandjaro. Laslo et Elizabeth conviennent d’un lieu de retrouvailles pour le pique-nique de ce midi.

Mais malheureusement, ce qui était à craindre arriva. La souffrance du dos de Karen, suite à une précédente chute de cheval datant de deux mois, se réveilla. La douleur devient trop grande.

Hélène et Laslo retournent à la ferme chercher la voiture, puis récupèrent Karen toujours à terre. Des villageois sont venus à sa rencontre, et s’inquiètent de cette jeune européenne toute seule en brousse. Pas facile de communiquer lorsqu’on ne parle pas la même langue ! Nous devons changer nos plans, la nuit dans la brousse sera pour une prochaine fois. Pour l’heure Karen doit davantage penser à sa santé et se reposer. Avec un pincement au cœur, Hélène repart à cheval avec Laslo et Elizabeth. C’est dur de ne pouvoir partager ce moment à deux, alors que nous avons partagé tellement de choses ensemble.

Le proverbe « quand il arrive une chose à l’une, il en arrive de même à l’autre s’applique à nouveau, Hélène bloquée en Thaïlande à l’hôpital, alors que nous aurions pu faire de superbes plongées ensemble, Karen bloquée en Tanzanie à cause de son dos, alors que nous aurions pu faire de superbes excursions à cheval ! Deux vrais sœurs ! Pour le meilleur et pour le pire ! On apprendra au retour de notre voyage qu’il s’agissait d’une fracture du sacrum et d’une déchirure musculaire au niveau des vertèbres lombaires. Le médecin est d’ailleurs étonné qu’elle ait pu poursuivre son périple, faire du 4x4 avec une fracture du sacrum ! C’est comme si aucun mal ne devait nous stopper dans notre aventure pour reprendre le proverbe « Quand on veut, on peut », coûte que coûte, malgré les obstacles ou les ennuis de santé, nous voulions aller au bout de notre objectif.


Notre second réveil chez Laslo et Elizabeth nous réservent une belle surprise, un superbe lever du soleil sur le Kilimandjaro, que nous pouvons admirer depuis la terrasse-même de leur maison. Le Kilimandjaro et ses neiges éternelles sont aujourd’hui très dégagés.

A cheval, nous continuons la prise d’images de ce magnifique décor.

Nous n’aurons passé avec Elizabeth et Laslo que quarante-huit heures, et pourtant nous avons l’impression d’avoir partagé des semaines ! Ils nous ont offert tellement de chaleur, de gentillesse. Nous ne les remercierons jamais assez de l’accueil qu’ils nous ont réservé.
Ils demeureront des personnes vraiment marquantes et touchantes de notre tour du monde. Nous savons que nous ne perdrons pas contact avec eux. Les au revoirs sont difficiles.

8. L’île de Zanzibar

Retour à Arusha. Nous prévoyons de faire une escapade de quelques jours sur l’île de Zanzibar à quelques miles du continent. Marco, tailleur de pierre que nous avons rencontré à Arusha nous donne le contact d’un hôtel sur la plage près de Stonetown la principale ville de Zanzibar. Nous profitons des quelques heures qui nous restent à Arusha pour visiter son atelier de taille, qu’il a installé à son domicile. De nationalité belge, il s’est installé en Tanzanie depuis de nombreuses années, et taille tout particulièrement la fameuse pierre typique du pays, la « tanzanite », comme le sous-entend son nom. D’une couleur bleu-verte, elle constitue la pierre la plus prisée sur le territoire. Il taille également de nombreuses autres pierres, et nous explique les différentes méthodes de taille qu’il utilise.

Marco nous emmène ensuite dans le petit aéroport qui nous emmène jusqu’à l’île de Zanzibar. Une fois arrivées sur l’île, coup de chance, nous n’avons même pas besoin de chercher le lieu que nous avait indiqué Marco, l’homme qui dirige le Mtoni Marine, est celui que nous rencontrons par le plus grand des hasards sur la place de Stonetown. Les circonstances de notre rencontre sont d’autant plus particulières. Nous nous apprêtons à retirer de l’argent, mais la banque est fermée, il n’est pourtant que 16h30. Cet homme par un simple coup de fil fait ouvrir la banque. Nous apprenons ensuite que cet homme, Tonino, est directeur de la banque, mais aussi directeur de l’hôtel Mtoni Marine Centre. Il dirige d’autres affaires sur l’île, comme une compagnie aérienne et une agence de voyage. A l’hôtel, nous lui expliquons notre projet, le concept lui plaît beaucoup. Il nous propose de faire lui aussi partie de nos sponsors, au même titre que les autres hôtels qui nous ont hébergés. Les chambres sont de petites maisons près de la plage. La vue est magique, le sable aussi fin, et l’eau aussi turquoise que les cartes postales nous laissaient imaginer.

Le lendemain, nous partons avec Dominico, un ami belge de Tonino, de passage en Tanzanie et son amie Carla. Ils doivent se rendre tous les deux dans le nord de l’île pour quelques jours. Ils se proposent de nous y déposer en voiture. Dominico et Carla sont très sympathiques. Carla travaille dans l’administration du Bravoresort, un club de vacances de la côte est de l’île, s’adressant à une clientèle fortement italienne. Nous y passons quelques heures avant de reprendre la route pour le Nord ! Nous arrivons tard le soir au Smiles Beach Hotel, posons nos affaires, puis rejoignons le bar sur la plage à quelques centaines de mètres de l’hôtel. La marée nous prend de court, on ne peut accéder par la mer jusqu’au bar, on va bien trouver un autre chemin ! On ne sait comment on s’est débrouillé, mais on s’est retrouvé à devoir grimper par dessus un grillage à la courte échelle pour sortir de la propriété ! On entend alors des éclats de rire ! Oups, c’est le gardien de l’hôtel. On a été repéré ! Nos péripéties se trouvent récompensées par un bon feu sur la plage et une ambiance très conviviale.

Nous rencontrons Ibrahim, le manager de l’hôtel, puis quelques jours plus tard son frère le directeur. Comme pour le Mtoni Marine, Ibrahim et son frère nous offrent leur partenariat pour notre projet. Nous tenons d’ailleurs à les remercier vivement pour leur accueil.

Le lendemain de notre arrivée, Ibrahim et deux de ses amis nous emmènent voir un élevage de tortues, que nous rejoignons en longeant la plage. Toutes les tortues qui naissent dans cet enclos sont élevées jusqu’à ce qu’elles obtiennent la force physique suffisante pour lutter contre les prédateurs. Cette maturité atteinte, leurs éleveurs les relâchent en pleine mer. Cette pratique est essentielle, et aide à la protection de cette espèce qui décline sur l’île à grande vitesse, et non pas à la vitesse d’une tortue ! Elles sont superbes, de toutes les tailles ! Nous n’avions jamais vu autant de tortues et d’aussi près ! Elles sont habituées à la présence de l’homme et viennent manger dans nos mains la salade que nous leur proposons ! Leurs yeux sont impressionnants !

Puis, nous partons, toujours avec Ibrahim, faire de la plongée sous-marine ! La visibilité n’est pas bonne, et le courant est particulièrement fort aujourd’hui. Par manque de visibilité, nous perdons très vite Ibrahim, qui rejoint la surface. Il nous apprend par la suite, qu’il n’a plongé qu’une fois auparavant ! Il n’a pas suivi de formation, et ne se sent pas très à l’aise. Nous poursuivons la plongée à trois, main dans la main pour ne pas nous perdre. La nature aurait-elle choisi de nous gâter aujourd’hui ? Des raies, des poissons pierre, des serpents de mer... L’instructeur s’arrête souvent pour nous montrer différentes sortes de coquillages, des étoiles de mer… Cette plongée demeurera inoubliable. Et quelles parties de rires lorsque nous nous prenons à danser le rock et faire des figures sous l’eau !

Nous quittons Smiles Beach avec de nombreux souvenirs et de superbes images qui nous serviront pour la présentation de notre spectacle Mode Sans Frontières. Et là, sur la route de notre retour en voiture pour rejoindre le port d’embarquement à Stonetown, il nous arrive une dernière petite anecdote. Les policiers nous arrêtent, jusque là rien d’étrange, ça peut arriver à tout le monde, mais les raisons de cette arrestation sont saugrenues. Ils sont persuadés que notre ami qui nous emmène à Stonetown n’est pas notre ami, mais un simple chauffeur de taxi, qui n’a pas sa licence, et donc n’a pas le droit de nous emmener dans sa voiture ! Ils veulent nous dresser une amende et nous réclament de l’argent immédiatement. Nous ne voulons pas céder. L’intercation dure plus d’une demi-heure. Le frère d’Ibrahim, de passage sur cette route, assiste et participe à la scène. Il est pourtant connu sur l’île, il leur explique pourtant que nous sommes ses amis, qu’il faut nous laisser partir, mais ils ne veulent rien entendre. La tension monte de chacun des côtés. Ils nous autoriseront à partir que lorsqu’ Hélène serre dans ses bras notre ami en répétant aux policiers : « Je ne ferai pas ça, si ce n’était pas mon ami, mais seulement un chauffeur de taxi ! » Nous voilà repartis ! Ouf ! Enfin ! Ces policiers sont vraiment prêts à tout pour se faire de l’argent en douce ! Nous atteignons enfin Stonetown, et montons à bord du ferry qui nous remmène à Dar Es Salaam…

9. Dar Es Salaam, accueil chez Tedd et sa famille

Tedd nous attend au port, et nous emmène dans sa maison où nous accueille sa famille, sa femme et ses deux enfants. Nous avions rencontré Tedd une première fois à Arusha, dans l’hôtel Accor qu’il dirige en parallèle avec celui de Dar Es Salaam. Mais sa maison et son activité principale se trouvent à Dar Es Salaam.

Nous passons notre soirée à discuter avec Tedd et sa femme. Nous prenons conscience que ce sont nos deux derniers soirs de notre périple autour du Monde… Déjà ! 2 décembre 2001… 16 janvier 2003… C’est passé si vite ! Nous consacrons notre dernière journée à parcourir les marchés de la ville pour ramener quelques cadeaux et souvenirs en France. Le soir, Tedd et sa famille nous invitent dans un restaurant en haut d’une tour, qui surplombe la ville et le port. A notre retour à la maison, leur fille porte la robe de la Paix de Tanzanie, et leur fils un costume massai. Séance photos oblige… Nous rejoignons notre chambre, cherchons le sommeil avec une sensation bizarre, la joie de retrouver ceux qui nous sont chers en France, la hâte de commencer l’organisation des spectacles Mode Sans Frontières, mais aussi, déjà… la nostalgie de toute cette formidable année passée toutes les deux, après avoir enchaîné trente-sept destinations autour du Monde… Bonne Nuit Karen ! Bonne Nuit Hélène ! Nos sacs sont prêts ! A demain matin… Voiture et bus nous permettent de rejoindre Nairobi au Kenya, le même aéroport où nous avons atterri fin décembre. Nous survolons le Kilimandjaro... La visibilité est parfaite, le spectacle grandiose !

Bilan de cette année à travers le Monde…Tant de choses, tellement de choses, de souvenirs, de mercis que nous souhaiterions adresser… tant de choses à vous raconter, la concrétisation de notre projet en France, les événements et spectacles organisés… que nous préférons vous confier tout cela dans notre prochain carnet de bord…

 
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