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TOGO II Jeudi 21 novembre - Jeudi 28 novembre 2002 1. Défilé
d'une styliste ivoirienne à Lomé, Angybell Un bref séjour au Ghana, et nous voici de retour à Lomé. Avant de remonter vers le Burkina, nous profitons de notre retour au Togo pour assister au défilé d'une créatrice ivoirienne à Lomé, Angybell. Ce retour au Togo sera l'occasion de nombreuses rencontres et moments forts, la visite de l'hôpital et la prison, la rencontre de l'association D.V.A., la rencontre du Roi d'Aného puis en rejoignant le nord du pays, la découverte du Togo sous un tout autre visage 1. Défile d'une styliste ivoirienne à Lomé, Angybell Tous les trois mois, le groupe Vlisco, sur l'initiative de Fabrice Ruiz, directeur de VAC-Togo, organise sur deux soirées des défilés de mode à l'hôtel Sarakawa. Ces défilés ont pour but de présenter les nouvelles collections des plus grands créateurs d'Afrique de l'Ouest. Chaque trimestre Fabrice choisit un créateur, lui met à disposition toute la gamme des nouveaux pagnes Vlisco. De ces simples tissus africains, le styliste enfante une centaine de modèles. Aujourd'hui nous assistons à la collection d'Angybell, comme l'ont fait l'an passé Lolo Andoche, notre couturier du Bénin, et plus récemment Timothee, notre couturier du Togo. En février prochain sera présenté Thomas, heureux et fier de pouvoir défendre les couleurs du Ghana. Pour ce défilé d'Angybell, ces trois couturiers Timothee, Lolo Andoche, et Thomas sont présents. Ivoirienne, Angybell a la particularité de porter deux casquettes, celle de styliste, mais aussi celle de Colonel des douanes ivoiriennes. Elle révèle au public son art et sa passion pour la Mode depuis 30 années. Au travers de ses créations, nous ressentons une nette recherche, un jeu avec les motifs du tissus, ses couleurs, ses contours Une réelle expression vivante et chatoyante de la mode africaine.
Spécialement pour ces deux soirées, Timothée nous a créé deux robes en pagne africain. Charité Mariemme... Mirabelle Aïsha Manou Fabiola... William Mireille... Anna Barbara Hortense Marjorie... William kid Elsa... La prestation
des enfants est particulièrement étonnante ! De vrais professionnels
! Un petit merci tout personnel à Bruno qui a très bien tenu le rôle de caméraman toute la soirée. Le second soir, une atmosphère toute spéciale se dégage dans la salle En effet, il s'agit du dernier défilé de Fabrice avant son départ au printemps prochain. Sur la scène les mannequins lui ont réservé des surprises, un grand merci et un au revoir comme il se doit. Fabrice n'a pas coutume de prendre la parole au cours de ses défilés. Pour ce dernier, son discours de clôture est fort et émouvant. 2. Visite de l hôpital, une dure réalité Monsieur Baka, le président du Comité Miss Togo, tient à nous accompagner lui-même pour cette visite. Elle restera un moment fort et douloureux de ce périple en Afrique. Certes, il y a pire, paraît-il Et pourtant, nous sommes horrifiées de ce que nous voyons. Le directeur de l'hôpital reconnaît qu'il leur manque énormément de moyens. Construits en 1949, les bâtiments de l'hôpital n'ont connu aucune rénovation. Les installations demeurent très précaires. Les patients sont alignés par vingtaine, trentaine dans de grandes salles sans climatisation. Etant donné que le système de climatisation ne marche plus depuis deux ans, et que l'hôpital n'a pas les moyens de le réparer, les mères passent leur journée a faire de l'air a leur enfant, en attendant qu'il se porte mieux ? Non, en attendant qu'il meurt. Parmi ces enfants, nombreux sont atteints de paludisme. Le paludisme est la maladie qui tue le plus dans le monde. Ce qui se passe précisément est que le microbe qu'introduit le moustique dans le sang fait éclater les globules rouges. A cela ces enfants cumulent donc très souvent une anémie. " 90 % des enfants que nous avons vus sont sûrs de mourir ", nous avoue leur médecin " Ces crises de paludisme pourraient être pour la plupart largement guérissables, mais nous n'avons pas les médicaments suffisants pour les traiter. " Les bébés ne sont pas mieux traités. Ce bébé, par exemple, qui a bu de la bile à la naissance serait si facilement soigné en France. Ici, il est posé dans un lit. Le médecin lui a fait une petite perfusion de glucose, histoire de dire à la famille qu'ils ont fait quelque chose, mais cet enfant est sûr de ne pas s'en sortir. Ou encore, le médecin nous présente un enfant malade suite à un accouchement difficile. Ils le soignent par phytothérapie. Le médecin était pourtant fier de nous montrer un appareil qui fonctionne. Mais au moment où nous nous approchons du bébé, il se rend compte que la moitié des ampoules de son appareil sont grillées. Or, ils n'ont pas d'argent pour en acheter d'autres, alors cet enfant va mourir. Suite au service pédiatrie, nous visitons le service des maladies infectieuses. Les patients atteints de choléra et de tuberculose sont regroupés dans une pièce sombre. Nous ne pouvons y accéder, leur seul lien avec l'extérieur est une vitre fumée d'où ils peuvent apercevoir les va-et-vient du maigre personnel. Les lits ressemblent plutôt à des tas de ferraille ! La place dans les chambres étant limitée et l'air tellement étouffant, nous rencontrons très souvent des patients allongés à même le sol dans les allées extérieures de l'hôpital. Un simple drap ou un semblant de couverture leur fait office de lit. L'hôpital n'a non seulement pas suffisamment de moyens pour faire des rénovations, acheter du matériel, payer des médicaments, mais n'ont même pas suffisamment à manger pour les patients. Les malades doivent se partager la nourriture posée au milieu de l'allée de l'hôpital. 3. Rencontre des femmes à la prison civile de Lomé Nous nous rendons à deux reprises à la prison civile de Lomé. Parmi les 1200 prisonniers qu'elle accueille, une quarantaine sont des femmes. Les responsables de la prison nous font faire le tour des extérieurs, puis nous nous dirigeons vers le compartiment des femmes. Nous souhaitions nous rendre également dans la prison des hommes, mais à peine entrées dans la cour, c'est la cohue et le brouhaha. Nous sommes alors obligées de rebrousser chemin.
Pour cela, la prison a mis en place un atelier de couture. Nathalie en est leur professeur. Agée de 32 ans, togolaise, couturière de métier à Lomé, elle a choisi depuis six ans de mettre son savoir-faire au service des autres. Elle remplace l'ancienne professeur et se consacre désormais pleinement à cette nouvelle manière d'exercer son métier. " La situation de ces femmes me peine beaucoup ", nous confie-t-elle. " Ce qui me plaît est de pouvoir les encourager, les aider à acquérir un travail et se consacrer à un nouveau métier. La vie en prison est très différente de celle en ville. Je veux les y préparer, les aider à s'en sortir, à réintégrer au mieux la vie quotidienne, que le souvenir de leur passage en prison soit non pas celui d'un calvaire, mais celui d'une bouée de secours formatrice et bénéfique ". Parmi les quarante femmes, la moitié d'entre elles s'intéressent à la couture. Cette formation est une première, qui les motive pour poursuivre en dehors de la prison. Les tenues qu'elles créent sont exposées à la prion et les visiteurs viennent acheter les tenues pour les encourager. Ces ventes leur permettent d'acheter du nouveau tissu, du fil, mais aussi du savon, du riz, du lait, du sucre pour les femmes détenues, ce qui représente ainsi une petite forme de rémunération. Elles disposent à l'heure actuelle de cinq machines, dont trois sont cassées, mais elles n'ont pas suffisamment de moyens pour les réparer. Au travers de notre projet, nous avons donc choisi de les aider à acquérir de nouvelles machines, du tissu, et tout le petit matériel nécessaire qui s'y rattache, aiguilles, fil, boutons . Lors de notre premier passage à la prison, l'histoire de l'une de ces femmes nous interpelle. Alors qu'elle parle avec Karen, elle lui explique qu'elle est contre notre initiative: " Ce n'est pas de couture dont j'ai besoin, mais sortir de prison, je veux un avocat, je veux tout simplement sortir ! " Son comportement devient presque irritant. Lorsqu'elle nous raconte plus précisément son histoire et la cause de son emprisonnement, nous comprenons pourquoi Agée de 24 ans, Félicia est nigériane, en prison depuis trois mois. Elle était invitée à l'hôtel avec un homme, mais celui-ci s'est enfui en la laissant dans la chambre sans payer. Elle n'avait pas d'argent pour payer la note, elle a donc été condamnée à trois mois de prison et 50 000 Frs CFA d'amende, soit 500 Francs français. En Afrique, l'emprisonnement est facilement pratiqué, même pour de maigres fautes. Pour nous, 50 000 Frs CFA ne représentent qu'une maigre amende. Mais aujourd'hui, alors que Félicia a rempli sa peine, elle n'a pas suffisamment d'argent pour payer. Sa famille vit dans un autre pays, et ne peut l'aider. Elle est obligée d'attendre encore huit mois pour sortir. Karen raconte cette histoire à Monsieur Baka, le président du Comité Miss Togo qui nous accompagne. Il ne peut supporter une telle injustice et décide de payer cette amende dès demain pour la faire sortir. Nous reviendrons alors le lendemain avec Léa, Miss Togo 2002, pour lui annoncer la bonne nouvelle et payer l'amende. Le Comité Miss Togo apporte également quelques bidons et colis de vivres supplémentaires. Reconnaissons néanmoins que notre joie est gagnée par une certaine amertume. Son attitude nous déçoit quelque peu. Peur-être est-ce parce qu'elle ne réalise pas qu'elle est à présent libre, mais elle ne manifeste pas beaucoup d'émotion et demande très vite les formalités, comme si ce que nous faisions pour elle était un dû. Bizarre, enfin nous n'avions aucun remerciement à attendre. L'essentiel est que cette femme, emprisonnée injustement, soit désormais sortie de prison. 4. Rencontre de l association d'aide aux démunis D.V.A. La formation de couture amorcée en prison peut être poursuivie hors de prison. L'association " Dieu Vous Aime " s'applique notamment à cette tâche. A première vue, le nom peut surprendre, mais en Afrique beaucoup de noms d'établissements, d'associations, d'écoles, ou même de bars et de restaurants portent un nom religieux. L'association D.V.A. fut créée en 1999, et obtient l'agrément " ONG de Développement " en 2001. Leur objectif est d'aider la réinsertion professionnelle des personnes les plus démunies ou marginalisées. Pour cela différents programmes d'action et de développement sont mis en place, en matière d'éducation, de formation professionnelle, de construction et d'aménagement de structures scolaires, établissements de santé Dans le cadre du soutien des jeunes déviants, déscolarisés, marginalisés, l'association a mis en place divers groupes culturels animés par les jeunes, notamment un orchestre musical, une troupe théâtrale, et des groupes folkloriques de danses traditionnelles. Aujourd'hui l'ensemble musical a déjà sorti son premier album compilé sur une cassette audio. Une autre branche importante de leur activité est la visite des malades dans les hôpitaux, les centres d'orphelins et les prisons. Des dons matériels, soins médicaux, animation socioculturelle y sont organisés. Ce programme, intitulé le PDHS, Programme de Développement Humanitaire et Social permet outre l'amélioration des conditions de détention des détenus, mais aussi de faciliter leur réinsertion sociale. Sur ce même volet, l'association initie au sein des prisons civiles des ateliers de formation artisanale, notamment des ateliers de couture, afin que les détenus se prennent en charge immédiatement à leur sortie de prison. Le siège de l'association est à Lomé. Ses trois années d'existence lui ont déjà permis de beaucoup se développer, elle compte déjà des annexes dans différentes villes du Togo, à Vogan, Ancho, Tsevie, Notsé et Atapamé. L'équipe compte une quinzaine d'organisateurs, environ trois par antenne. Cinq cent togolais en sont bénéficiaires. Cinquante-deux micros projets ont déjà été réalisés ou sont en cours d'exécution. Nous rencontrons Martin, le coordinateur national et Gilbert, le secrétaire exécutif. Parallèlement à leur travail, ils s'investissent bénévolement dans l'association. Ils nous invitent au siège, où ils ont organisé pour notre venue une grande assemblée. L'accueil est formidable, les membres sont nombreux. Il s'agit du groupe intéressé pour créer un atelier de couture dans les locaux de l'association à Lomé. Nous discutons avec ces femmes et quelques hommes. La plupart savent déjà coudre, mais ils ne disposent pas de moyens suffisants pour exercer décemment leur activité. En se réunissant et créant une sorte de coopérative, leur rêve pourra enfin se concrétiser. Comme pour la prison de Lomé, nous souhaitons les aider à lancer leur activité grâce à l'achat de machines à coudre, de tissus, et autre petit matériel de couture. 5. Rencontre du Roi d'Aného Si vous ne le connaissez pas encore, vous entendrez parler de lui à la télévision française, au cours de l'émission " Faut Pas Rêver ". En effet, pour son couronnement, le 1er août 2002, l'équipe France 3 est venu réaliser un reportage, qui sera diffusé en janvier prochain. Ou peut-être avez-vous déjà lu dans le magazine " Point de Vue Images du Monde " de septembre dernier l'article qui lui était consacré. Le photographe Ettoré Malanca, primé dans de nombreuses capitales du Monde, s'était d'ailleurs déplacé pour l'occasion. Il faut savoir que le roi actuel est le huitième roi d'Aného. La famille royale Lawson compte soixante lignées différentes, soit trois cent mille habitants Le pouvoir ne se transmet pas de père en fils, mais le roi est choisi par un conseil spécial. Lorsque Karen lui dit que le 1er août est aussi le jour de son anniversaire, il nous propose de faire partie de ses invités le 1er août 2003 pour fêter sa première année de règne. Pourquoi pas ? 6. Activités à Lomé : cheval, chasse aux serpents Cette dernière semaine à Lomé sera également l'occasion de revoir les amitiés créées lors de notre premier passage au Togo. Nous retrouvons Norbert, Fabrice, Bruno, Caro, Jacky, Juan,Tony, Erwin, Océane au Lomé Rivage. En créant ce restaurant sur la plage, Norbert a réussi son pari, associer dans un cadre balnéaire, convivialité et art de la table. Pour ceux qui apprécient la finesse d'un repas, les bons vins, et la mer vous serez servis ! Il faut savoir que les plages du Togo, comme la plupart de ses pays limitrophes sont très dangereuses. Néanmoins, le site de Lomé Rivage est l'un des seuls endroits où l'on peut se baigner en toute tranquillité. Le soir, nous retournons au Mandingué, toujours accueillis chaleureusement par le patron de ces lieux, Bruno. Chez Fabrice, nous retrouvons la gentillesse de Joinita, Lamboni, Yvette, Sylvie et Clément.
Cette année, TF1 nous propose à nouveau la diffusion d'un reportage sur notre projet pendant l'élection Miss France, le 14 décembre prochain. La suite des événements vous apprendra que suite à des problèmes inhérents au direct, la diffusion du sujet de 55 secondes préparé pour l'émission n'aura pu être possible. Le reportage sera donc diffusé ultérieurement. Les images que nous avons envoyées à TF1 pour la réalisation de ce reportage sont des images prises au cours de nos deux mois en Afrique. Elles retracent notre rencontre avec les couturiers et les associations, des scènes de vie et moments forts vécus avec les locaux, la rencontre de hautes personnalités, les paysages Pour cela, Jean-François Giroldi, directeur de la société Imagine Production nous a aidées à réaliser un pré-montage d'une heure à partir de toutes les cassettes que nous avions déjà filmées en Afrique. L'entreprise de Jean-François et sa femme a déjà soufflé cette année ses vingt bougies. Créée en Côte d'Ivoire en 1982, Imagine, se consacrait alors uniquement à la production vidéo, spots publicitaires, films d'entreprises et films institutionnels, traitement et animation graphique, images de synthèse . En 1990, les Giroldi lancent en parallèle une agence de conseil en communication, élaboration de campagnes publicitaires, événementiel et lancement de produits, études packaging et logos . Depuis 2 ans, ils ont fusionné leurs deux sociétés et sont désormais localisés à Lomé sous le nom d'Imagine Production. 7. Sur la route au nord du Togo, les villages Tamberma Après un séjour délibérément plus long que prévu au Togo, il nous faut à présent quitter Lomé En plein centre-ville de Lomé s'élève la statue d'une colombe de la Paix. Cette dernière fut érigée en l'honneur du Président de la République togolaise, Mr Eyadéma, pour tous les efforts et les avancées qu'il a pu réaliser en faveur de la Paix dans toute l'Afrique de l'Ouest. Sur la route qui nous mène au Burkina, nous nous arrêtons à plusieurs reprises, notamment au pied de la fameuse faille d'Aledjo. Même si la route est assez bonne, cela ne nous empêche pas de crever un pneu de voiture à mi-parcours. A la nuit tombée, nous dormons à Kara, située au nord du Togo. Il fait plus frais, nous ressentons déjà l'harmattan, ce vent frais et sableux, qui descend tous les ans à cette saison d'Afrique du Nord. Au petit matin, nous reprenons la voiture. Trois-cent kilomètres nous sépare encore de la capitale burkinabé. Nous nous arrêtons dans un des villages Tamberma, situé tout au nord du Togo. Nous sommes chaleureusement accueillies par le chef Antoine, qui nous fait visiter sa maison et son village. Les maisons, toute en terre mélangée à de la bouse et de la paille, sont construites sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée communiquent entre elles l'entrée, la pièce des fétiches, celle pour piler les céréales, la cuisine A l'étage se juxtaposent trois chambres surplombées d'un toit de paille et de branches séchées. Juste à côté se trouve le grenier à céréales, subdivisé en trois compartiments, l'un pour le mil, les autres pour le sorgho et le riz. Pour y accéder est installée une sorte d'escalier en Y avec des entailles dans le bois en guise de marches. Mais ce qui paraît le plus incongru est " la salle d'accouchement ". Il s'agit davantage d'un simple recoin dans la terre, avec un trou pour laisser s'échapper le sang et les eaux post-natales. La femme doit alors selon le rite rester quatre jours dans ce trou après son accouchement. D'autres rites et pratiques animistes nous surprennent. Pour soigner une morsure de serpent, la victime, s'il s'agit d'un homme, doit rester trois jours près de l' " ignié ", sorte de pieu fétiche planté à l'entrée du village. S'il s'agit d'une femme, elle doit rester quatre jours près de ce pieu. Jugée plus faible, la morsure est en effet plus longue à guérir. Des crânes sont pendus tout autour de la maison afin de protéger celle-ci des mauvais esprits. Pour guérir un enfant atteint de paludisme, sa mère lui a préparé une potion à base de plantes de brousse. Pour se rendre dans la maison du petit frère du chef, nous traversons un champ de coton. Les femmes sont en plein travail de récolte. Les terrains sont ici plus désertiques et souffrent davantage de la sécheresse que dans le sud du pays, en bord de mer. Le frère du chef et son ami nous expliquent les différents cultes et modes de vie, notamment concernant le mariage. Avant de pouvoir toucher une femme, il est obligatoire que l'homme ait réalisé une sorte de parcours initiatique le préparant à cela. Il doit être nu pendant une certaine période jusqu'au jour de la grande cérémonie. Celle-ci est perpétrée au pied d'un arbre, sur une petite colline, point culminant du village. Si ce rite n'est pas pratiqué avant que le jeune homme ait touché une femme, les villageois prétendent alors que le pouvoir du fétiche le punira et le fera mourir. Ils croient au pouvoir d'un esprit supérieur, un fétiche qui décide de tout. Ainsi, lors de notre passage, le fils du chef, âgé seulement de douze ans, est le seul à se promener nu dans le village. Cette cérémonie se pratique de plus en plus tôt, afin de minimiser les risques de mort des jeunes hommes. Les femmes ne doivent pas être présentes, si elles sortent de leurs cases, elles mourront également. Une fois la cérémonie accomplie, l'enfant est alors considéré comme un homme, en âge de procréer ! Pour la composition des couples, il ne s'agit pas de mariages d'amour, mais les couples sont choisis par le fétiche. Les villageois se chargent d'écrire sur le sol d'un côté le nom des hommes en âge d'être mariés, de l'autre celui des femmes. Puis le fétiche manifeste son pouvoir, une tige descend du ciel et se pose sur un nom d'homme. Une seconde tige descend du ciel et se pose sur un nom de femme. Le couple est alors formé. Aucune modification n'est possible. Si les futurs mariés refusent cette union, le fétiche les fera alors mourir. Difficile de croire à tout cela, pourtant les habitants en sont convaincus, dur comme fer ! A chacun votre avis
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