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Un Tour du Monde de la Mode pour la Paix...

TOGO
Samedi 2 novembre - Vendredi 16 novembre 2002

Résumé de la page :

1. Lomé, capitale du Togo, entre richesse et pauvreté
2. Kpalimé et les alentours de Lomé
3. Acheminement de vivres via Lomé pour le Burkina Faso
4. Présentation du tissu africain, appelé le pagne, et soutien de l'entreprise Vac Togo, une des filiales africaines du groupe Vlisco
5. La rencontre du couturier togolais Timothee
6. Le formidable accueil du Groupe Accor

Le chiffre 2 va finir par devenir un chiffre porte-bonheur ! Nous avions quitté la France un 2 décembre 2001 pour New York. Après quelques semaines d'escale en France, nous voici reparties un 2 novembre 2002, pour notre dernière étape autour du Monde, ce cinquième continent qui nous attire tant. l'Afrique. En raison des événements en Côte d'Ivoire, nous avons modifié notre parcours et débutons notre périple par le Togo en vue de rejoindre ensuite le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal et le Maroc. Notre Tour du Monde s'achèvera alors mi-janvier 2003.

1. Lomé, capitale du Togo, entre richesse et pauvreté

A peine sept heures d'avion et nous ressentons ce sentiment fort de fouler pour la première fois le sol des terres d'Afrique noire. " Bonne arrivée, soyez les bienvenus ! " Nous entendrons cette expression typiquement africaine à de nombreuses reprises. Petit état de l'Afrique francophone, 56 kilomètres de large et 600 de long, enclavé entre le Ghana et le Bénin, le Togo regorge de traditions et de paysages variés. Le lendemain soir de notre arrivée, nous nous promenons dans le centre-ville de Lomé. Nous rencontrons très peu de touristes. On nous interpelle très souvent " Yovo, Yovo ! ", ce qui signifie le blanc en togolais. Les femmes cuisinent dans la rue, les hommes et les enfants les entourent et attendent patiemment leur tour pour manger. Certaines préparent de la soupe de poisson, d'autres font frire de la viande. Plus loin, à l'aide d'un large morceau de bois, trois femmes tapent dans un immense bol alternativement et énergiquement sur de la farine de manioc mélangée avec de l'eau. Elles en font alors ce qu'on appelle du " fu fu " qu'on mange avec de la viande ou du poisson et des légumes, le tout très épicé. La pauvreté est parfois dure à voir. Des enfants s'accrochent à nous pour mendier, ou encore cet homme, atteint de polio, les jambes amputées, supplie notre aide. Des familles entières dorment dans la rue à même le sol. Le fossé entre les riches et les pauvres est énorme. L'espérance de vie n'est que de 51 ans.

La vie nocturne à Lomé est également très animée dans les bars et discothèques tenus très souvent par des expatriés. Beaucoup de restaurants sont gérés par des européens, très souvent des français. Nous retiendrons notamment L'Hibiscus, tenu par un couple heureux et fiers d'être manceaux, grâce à qui nous pouvons retrouver le délicieux goût des rillettes du Mans, fabrication maison ! Nous n'oublierons pas les rencontres de Fred, Bruno, Jacky et Caroline, Patricia et Alain...

Chaque jour, au " Grand Marché ", c'est l'effervescence. Vente de tissus, épices, fruits, légumes, viande, poisson. les allées n'en finissent pas. Les étalages de pagne sont particulièrement impressionnants ! En Afrique, vous trouverez très peu de prêt à porter. Les locaux achètent le tissu pour tailler et coudre eux-même le vêtement. Les femmes, comme les hommes, apprécient avoir des tenues à la taille, aux couleurs, et aux motifs personnalisés (cf. paragraphe 4). Certains produits nous surprennent, comme la peau de cheval ou les pieds de vache, mangés communément au Togo. Les odeurs de viande, de poisson, d'épices sont fortes. Les femmes portent sur la tête d'immenses colis, des bassines. Elles portent cela avec une facilité déconcertante. Le marché est ouvert tous les jours de la semaine sans exception !

Les plages togolaises sont très dangereuses. Néanmoins, certaines plages, comme Lomé Rivage, nous permettent de nous baigner. Nous avons la chance de survoler Lomé en avion, nous pouvons reconnaître le centre-ville, l'hôtel Sarakawa, le port de pêche, le grand parc automobile, le lac Togo. Quel moment inoubliable pour Karen lorsque Fabrice lui laisse les commandes !

Nous rencontrons Eric, qui a repris la suite de la ferme familiale, mais une ferme pas comme les autres... En effet il s'agit d'une ferme de reproduction de crocodiles, serpents, tortues, scorpions. Oups, quelle force et sensation bizarre lorsque le cobra s'entoure autour du bras, autour du cou. Samedi prochain, nous repartirons ensemble pour une excursion en pleine brousse. Au programme, chasse aux serpents.

Nous sommes accueillies par le premier et second conseiller de l'Ambassade de France, Yvon Alain et Alain Mollé, à qui nous présentons notre initiative et l'objet de notre passage au Togo.

Ce séjour au Togo sera pour nous l'occasion de rencontrer la famille de Tatiana, amie togolaise et mannequin de notre équipe Mode Sans Frontières. Dans le hall de l'hôtel, nous reconnaissons aussitôt la maman de Tatiana, qui lui ressemble étonnamment. Nous rencontrons sa maman Renée, sa tante Marie, son oncle Paul et son petit frère, Soni. Le témoignage de Soni, 14 ans, nous émeut. Sa sour, qu'il n'a pas revue depuis deux ans, lui manque.

2. Kpalimé et les alentours de Lomé

Luc Lamorille, directeur de l'hôtel Mercure Sarakawa à Lomé (cf. paragraphe 6) nous présente Jean Thépeugnier, éditeur-imprimeur à Paris. Son premier client est le groupe Accor Afrique. Il travaille en ce moment sur l'édition d'un livre présentant les meilleures recettes togolaises de l'Hôtel Sarakawa, agrémenté de photos de l'hôtel et de paysages du Togo. Ce livre sera ensuite offert ou vendu aux clients de l'hôtel. Pour terminer la réalisation de ce livre, il lui manque encore des photos de scènes typiques du Togo.

Nous partons ensemble pour une journée reportage jusqu'à Kpalimé, à 130 kilomètres au nord de Lomé ! Avec Jean, 60 ans, le feeling est immédiat. L'échange est riche, les discussions sont diverses. Jean nous explique son histoire, sa conversion pour l'islam, son goût pour les voyages. Il est un aventurier, passionné d'Afrique. Afin d'apporter sa pierre à notre projet, Jean se propose de mettre à notre disposition ses services d'édition et d'impression. Nous nous arrêtons à de nombreuses reprises en chemin, dans une exploitation de cacao, café, cola...

dans des villages...

dans une maison de fabrication artisanale, sur le Mont Kloto. Ce mont est également appelé " Mont des tortues ". Il est aujourd'hui un lieu de prédilection pour la chasse aux papillons. Depuis ce mont, nous apercevons la frontière ghanéenne et le Mont Agou, le plus haut Mont d'Afrique de l'Ouest, de 986 mètres.

Nous continuons notre route et faisons la connaissance de femmes qui vendent sur la route les fruits et légumes de leur production.

Les villageois respirent la tranquilité, les femmes s'activent à la cuisine du manioc...

Le moment le plus fort de cette journée sera lorsque nous nous arrêtons dans un village, où l'accueil des familles, et tout particulièrement des enfants nous a beaucoup touchés. A peine descendus de la voiture, tous les enfants nous entourent et commencent à chanter des chansons togolaises, parfois même des airs français, comme " Napoléon a un seul soldat ! ". Etonnant d'entendre chanter Napoléon dans des contrées si reculées et éloignées de la métropole ! Ces enfants s'amusent avec si peu et dégagent une telle joie de vivre, une chaleur, un esprit de communauté.

Enfin, sur la route du retour, nous achevons notre journée par le spectacle des impressionnantes cascades de Limé.

Le lendemain, nous partons visiter les alentours de Lomé, le monument de l'Amitié-germano-togolaise à Baguide, la maison d'Agbodrafo, ancien comptoir esclavagiste connu sous le nom de Porte Seguro, des cabanes de pêcheurs, la côte atlantique, le Lac Togo, et enfin Glidji, haut lieu de cérémonie de " la prise de la pierre sacrée ". Tout en étant chrétiens, beaucoup de togolais pratiquent l'animisme, culte des esprits, notamment le célèbre culte Vaudoo.

3. Acheminement de vivres via Lomé pour le Burkina Faso

L'association américaine Catholic Relief Services, met en ouvre diverses initiatives dans les pays défavorisés. Elle se charge notamment de mettre en place une cantine scolaire au Burkina Faso. Pour cela ils acheminent du riz, de l'huile, de la farine de maïs, du blé. Habituellement, ils font venir les produits par cargo depuis les Etats-Unis jusqu'en Côte d'Ivoire, puis ils les acheminent par la terre jusqu'au Burkina Faso. En raison des problèmes en Côte d'Ivoire, ils font venir les produits via le port du Togo. Nous rencontrons Dave Coddington, responsable du bon déroulement des opérations.

Le cargo est arrivé au port de Lomé avec 6800 tonnes de vivres. Mais Dave est inquiet. Depuis qu'ils ont dû changer de port, il connaît des problèmes avec la société de transit. Les employés travaillent mal. Les hommes sont payés l'équivalent de 1200 FCFA par jour, l'équivalent de douze francs par jour. Dave aimerait qu'ils soient rémunérés à la tonne plutôt qu'à la journée. Etant payés par jour et non par tonne, ils ne sont pas motivés. Nous l'accompagnons sur le port. Afin de pouvoir accéder au bateau, Dave nous fait passer pour les représentantes de l'opération au Burkina. Nous n'avons pas le droit de filmer, mais parvenons à capturer quelques images en caméra cachée. Au total 400 000 tonnes de nourriture par an sont exportées vers les pays sous développés depuis les Etats-Unis, environ 200 000 tonnes vers l'Afrique....

4. Présentation du tissu africain, appelé le pagne, et soutien de l'entreprise Vac Togo, une des filiales africaines du groupe Vlisco

Bien qu'il n'aime ni les honneurs ni les remerciements, nous ne pouvons écrire notre carnet de route du Togo sans parler de Fabrice Ruiz, le directeur de V.A.C. Togo. V.A.C. Togo est une entreprise de vente de tissus africains. Hélène avait connu Fabrice lors de l'élection Miss France 2001. Trois jours après notre arrivée à Lomé, nous nous rendons rue du Commerce à la boutique Woodin et nous y rencontrons Fabrice.

Sous ses apparences d'homme autoritaire, Fabrice a le cour sur la main.En plus d'être un homme de cour, il est un homme de parole. Il nous aide dans nos démarches et nous donne les meilleurs conseils afin que notre périple en Afrique de l'Ouest se passe en toute sécurité. Il nous met en contact avec les plus grands couturiers africains. Fabrice nous présente son entreprise V.A.C. Togo, entreprise de distribution du groupe Vlisco, groupe faisant lui-même partie du groupe textile international Gamma Holding. En Afrique, Vlisco possède neuf entreprises de production et de vente, V.A.C. Togo fait travailler 80000 personnes à Lomé. La marque Vlisco garantit des impressions à la cire authentiques fabriquées aux Pays Bas.

Quelques jours plus tard nous est donnée la rare opportunité de visiter l'usine de production du groupe Vlisco au Ghana, GTP (cf. prochain carnet de bord). Gilles Moisan, directeur de GTP, nous montre tout le processus de fabrication du pagne.

Qu'est ce qu'un pagne ? C'est un tissu avec des motifs africains imprimés, 100 % coton, vendu en pièce (6 ou 12 yards) et de 120 cm de large. Tous les africains sont vêtus de pagnes. La variété des motifs est impressionnante. D'ailleurs les motifs et les couleurs vives ont souvent une signification particulière, et reflètent l'expression de sentiments, très souvent des couleurs vives et chaudes. Lors de la visite de l'usine, Gilles nous précise qu'aucun tissu n'est pareil avec les impressions à la cire. En effet de petites tâches blanches apparaissent sur le tissu. Un pagne est alors unique.

Au grand marché de Lomé, Fabrice nous présente les Nana Benz, fameuses femmes d'affaires togolaises dans le textile. Elles sont clients grossistes du Groupe V.A.C. Togo et se consacrent à la vente de pagne. Le marché est immense. Nous n'imaginions pas une telle variété de tissus ! Nous sommes impressionnées par la simplicité de ces femmes qui brassent des millions et qui roulent en Mercedes Benz ! Nous rencontrons quelques unes de ces business women qui revendent les tissus sur le marché, notamment Madame Crépi, la présidente des Nana Benz et Florence Barrigah.

Au fil de nos rencontres, nous comprenons que l'entreprise Vlisco est incontournable en Afrique. D'ailleurs le grand couturier Timothee, tout comme les Nana Benz, ne manquent jamais de souligner qu'ils doivent une part de leur réussite à Fabrice et Vlisco.

5. Le couturier togolais Timothee

Depuis les débuts du projet, nous avions eu connaissance du couturier Timothee par Tatiana, notre amie mannequin togolaise. Nous sommes restées en contact avec lui par internet. Timothee, 32 ans, a toujours été un passionné de couture. Mais il n'est pas évident de percer en Afrique lorsque l'on part de rien. Depuis 10 ans, il travaille la couture. Aujourd'hui il est devenu un couturier reconnu dans le milieu de la mode africaine. Il y a trois ans, Fabrice de V.A.C. Togo le remarque, croit en son talent, lui donne sa chance et le fait participer à des défilés de mode. En plus du soutien de Fabrice, sa persévérance et sa sensibilité font sa réussite. Aujourd'hui, tous les togolais connaissent le créateur Timothee.

Lors de notre première rencontre, Timothee nous raconte son parcours. Il avait déjà imaginé sa robe de la paix dès le jour où Tatiana lui a parlé du projet. Quelques jours plus tard, nous visitons son atelier de couture. Il fait travailler entre quatre et cinq personnes. Nous aimons l'extravagance et l'originalité de ses créations. Il est extrêmement minutieux.

Puis, à l'hôtel Sarakawa, nous présenterons quelques unes de ces robes. Il ajoute des accessoires sublimes à ses créations. Le journaliste de Togo Presse Maxwell vient réaliser une interview et prendre des photos pour un prochain article.

6. Le formidable accueil du Groupe Accor

Partenaire de notre projet, le groupe Accor nous accueille dans leurs hôtels en Afrique. A ce titre, nous remercions Marie-Alice Lopes du groupe Accor, qui depuis Paris a tout mis en place pour organiser notre accueil dans chacune de nos destinations. Pour cette première étape, nous sommes hébergées à l'Hôtel Mercure Sarakawa. Situé sur la plage de Lomé, à quelques minutes du centre-ville, cet hôtel quatre étoiles, ne comprend pas moins de 164 chambres, une piscine olympique, trois courts de tennis, deux restaurants. D'ici quelques mois sera même réouverte une discothèque au sous-sol de l'hôtel. Son immense cocoteraie, agrémenté des jardins, où 250 espèces de plantes et fleurs tropicales s'épanouissent, crée un cadre convivial et reposant. Luc Lamorille en est le directeur depuis ses larges rénovations et sa réouverture en 1998.

La gentillesse et l'humour de Luc ont largement contribué au bon déroulement de notre séjour au Togo. Plus qu'un hôtel, ce lieu magique est très souvent demandé pour l'organisation de cocktails, réunions d'affaires, ou encore des défilés de mode en intérieur comme en extérieur. A ce titre, l'entreprise Vlisco y a notamment organisé pour le nouvel an 2000 un immense défilé devant 4000 personnes. L'esplanade construite à cet effet est toujours en place. Luc Lamorille, le directeur, souhaite nous apporter tout son appui pour l'organisation d'un spectacle au Togo, à Sarakawa. Nous rencontrons Olga, chargée de communication et de sponsoring de l'hôtel, puis Daniel Hougnon, Directeur des Opérations Accor Afrique.

Pendant notre séjour, l'hôtel sera aussi très souvent un lieu de prédilection pour nos rendez-vous, notamment presse et médias, Radio Nana FM, Presse Togo, magazine Amina, Gaspar Baka Président du Comité Miss Togo, Madame Ferey chargée de l'association Femmes Internationales au Togo.

L'hôtel possède un centre équestre. Avec Océane, fille de Luc Lamorille, nous montons à cheval et réalisons un reportage avec les robes de la paix à cheval. Souvenir mémorable. Quelques jours plus tard, nous remonterons à cheval, avec Mohammed, mais cette fois-ci uniquement pour savourer le plaisir de longer une plage à cheval.

Après dix jours au sein de l'hôtel, nous nous y sentions comme en famille. Nous nous souviendrons longtemps de l'accueil si chaleureux de Luc, de Jean éditeur-imprimeur du groupe Accor, d'Eric le chef cuisine, Marie-Thérèse la secrétaire de Luc, Victor chargé du relationnel, Francis le maître-nageur, Tanguy le pianiste.

Le jour du départ de Jean, nous réalisons une longue séance photos des robes de la Paix dans les jardins de l'hôtel. Ces photos serviront à la conception d'un poster, qui sera exposé dans les hôtels Accor partenaires de notre projet.

Il s'est passé tant de choses au Togo qu'il nous sera difficile de le quitter. Nous continuons notre route vers le Bénin, puis nous vous confions d'ores et déjà que nous serons de retour au Togo pour un défilé de mode africain au Sarakawa.

 

 
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